Interview Flavien Jacquet, étudiant et auteur de jeux de société

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Du haut de ses 22 ans, Flavien Jacquet multiplie les casquettes. Étudiant en médecine, il est également auteur de jeux de société. Une passion qui lui a ouvert les portes du Festival International des Jeux de Cannes l’an passé mais qui lui permet également de soutenir la cause animale de manière ludique et pédagogique. Rencontre avec ce jeune Sainte-Marien qui profite de ses derniers jours sur l’île avant de s’installer en Métropole pour poursuivre ses études.

 

Flavien, très concrètement, qu’est-ce qu’un auteur de jeux de société ?

« Ça peut représenter beaucoup de choses, par exemple une personne à qui on donne un thème et qui doit par la suite imaginer un jeu en lien avec cet univers. Pour ma part, je construis le jeu dans sa globalité, depuis le thème jusqu’à la mécanique en passant par les règles du jeu ou la dimension esthétique des cartes et du plateau. Pour le moment j’ai deux jeux qui sont à l’état de prototype à savoir Les Animascottes que j’ai présenté à Cannes et qui comprend 6 jeux en 1 dont 4 originaux que j’ai inventés. L’autre jeu s’appelle La Quête des Héros et se joue sur un plateau avec pour thème la mythologie grecque, nordique, latine et européenne. »

Comment est née cette passion ?

« Ma mère a fondé l’association DIRHA en 2017 (Diffusion d’Informations sur la Relation Homme -Animal) et on cherchait un moyen pour promouvoir cette relation de bienveillance. C’est pendant un repas que j’ai proposé un peu en rigolant de créer un jeu de société mais l’idée a plu à ma famille alors je m’y suis attelé dans la foulée. C’est à partir de là que j’ai réellement développé cette passion pour les jeux de société. J’ai par la suite mis deux ans pour obtenir une version que je considère comme professionnelle et dont je suis vraiment fier pour les Animascottes. J’ai essayé d’épurer le plus possible afin de simplifier les informations qui apparaissent sur les cartes vu qu’on peut jouer à 6 jeux différents. Pour La Quête des Héros, je suis à un stade que je considère comme un prototype presque prêt à sortir. »

Quelles sont les étapes pour créer un jeu de société ?

« La première étape est évidemment d’imaginer le futur jeu. Moi je réfléchis beaucoup la nuit parfois même en plein sommeil. Il m’arrive de ne pas pouvoir dormir car je prends énormément de notes lorsque j’ai le cerveau en ébullition. Puis je conceptualise en toute simplicité, avec quelques phrases inscrites sur des bouts de papier de couleurs différentes. C’est par la suite qu’on développe réellement le jeu en pensant aux règles et à une mécanique qui donne réellement l’envie de jouer. Ensuite j’essaie d’apporter un côté pédagogique pour qu’on puisse apprendre tout au long de la partie. »

Justement, parle-nous de ce côté ludique en ce qui concerne le Animascottes ?

« Il s’agit de donner des informations qui peuvent être utiles sur les animaux qu’on pourra réutiliser soit au détour d’une conversation soit pour donner envie d’apprendre davantage sur une race de chats qu’on affectionne par exemple. J’ai fait énormément de recherches pour pouvoir délivrer des informations intéressantes et vérifiées aux joueurs. »

Tu as présenté ce jeu à Cannes ?

« C’était en février 2018 dans le cadre du Festival International des Jeux (FIJ). J’y suis allé avec mon père pour présenter Les Animascottes sur une table où des personnes venaient tester le jeu et nous faire part de leurs impressions. J’ai pu rencontrer des professionnels qui nous ont remonté des critiques très constructives, ce fût vraiment intéressant et j’espère qu’on pourra le refaire un jour. »

Tes études de médecines sont déjà très prenantes, d’où tires-tu ta motivation pour faire avancer ce projet ?

« En plus de divertir et de prendre du plaisir à créer des jeux, ma motivation c’est de pouvoir réellement aider mes parents financièrement à nourrir nos animaux. Nous en avons 18 à notre charge que nous avons sauvés de la rue. De même, mes études de médecine vont s’étendre sur plusieurs années et j’aimerais générer mes propres revenus de mon côté pour éviter de dépendre de mes parents sur toute cette durée. Convaincre un éditeur pourrait me permettre de commercialiser le jeu à grande ampleur. Pour l’instant je commercialise qu’en échantillon mais les charges de production/livraisons sont trop importantes lorsqu’on est seul. »

La cause animale est au cœur l’actualité en ce moment, quel est ton regard sur ce sujet ?

« Je pense que l’un des problèmes que nous avons à la Réunion vis-à-vis des animaux est que les gens considèrent que les chiens errants n’appartiennent à personne. En réalité, ce sont des chiens divaguants qui sont laissés dans la rue, qui ne sont pas pucés et qui se reproduisent entre eux. Le problème ne vient pas des animaux, pour moi il faut que les maîtres soient responsables tout au long de la vie de l’animal et pas seulement lorsqu’ils sont petits et mignons. »

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ?

« Que j’arrive à trouver un éditeur ou à vendre mes jeux par moi-même afin qu’on puisse développer à la fois les jeux, l’association de mes parents et que je puisse m’épanouir dans mes études. »

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