JACE : Saltimbanque de la couleur

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Reconnu dans le monde entier comme art de la rue, le graff a conquis un large public. Est il pour autant considéré comme un art majeur , fait il partie de la nouvelle mouvance d’art contemporain ? Réponse avec Jace.

Hors norme dans l’univers du graffiti, ton Gouzou se moque sans aucune violence de notre société. Tu es le porte parole ou le révélateur de certaines formes d’inégalités ? C’est un combat idéologique à travers l’art ?

En quelque sorte. Mais n’y voyez aucune forme d’idéologie revendicative mais seulement une dénonciation de certains excès. Je ne suis pas le porte drapeau d’un courant idéologique quel qu’il soit. Je n’ai pas la prétention de vouloir changer le quotidien des gens sinon je serais entré en politique. J’essaye seulement de faire passer la pilule de manière humoristique et d’éveiller les consciences sur le monde qui nous entoure. Et des dérives que nous produisons. Je suis un amuseur public, un saltimbanque de la couleur.

Aujourd’hui le Graff est reconnu dans le monde entier comme un art actuel, faisant partie intégrante de l’art contemporain en devenir. Ce mouvement innovateur  qui a pris naissance il y a plus de trente ans, qui n’a pas fini de faire polémique, a le mérite d’unir sur certains points la rue et une partie de l’élite intellectuelle. Va t’on vers une nouvelle reconnaissance de ce mode d’expression venu de la rue ?

 C’est vrai, la reconnaissance est déjà là. Avec des artistes de talents qui exposent dans les plus grandes galeries, certains ont vu leur côte explosée sur le marché de l’art. C’est un juste retour des choses pour un mouvement né dans la rue et qui a su évoluer. Il est incontestable que ce mouvement planétaire marquera à jamais l’histoire de l’art avec en fin de compte une reconnaissance très rapide. La musique et les différents médias y sont certainement pour beaucoup. Quant à considérer le graffiti comme un art majeur, seule l’histoire nous le dira.

Ancien professeur d’art plastique, tu évolues aujourd’hui en indépendant faisant de ton art une reconnaissance à part entière et l’emblème de ta créativité. As tu vendu ton âme au diable ? 

Non je ne pense pas. C’est une évolution logique par une certaine reconnaissance du public. A un moment donné, il faut savoir faire des choix. Et vivre de son art en est un. Que j’assume pleinement. C’est cela qui m’importe. Et je suis complètement à l’aise avec ce que je fais.

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