La Cerise, un café culturel qui en a sous le chapeau

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La trentaine rayonnante Emilie Magnan est la créatrice et la gérante du café culturel La Cerise et de l’association La Cerise sur le chapeau. Mais pourquoi ce nom justement ?

Carte d'identité :
Nom : La Cerise
Naissance : 21 mai 2010
à : Saint-Paul, 1 rue Eugène Dayot

“On a lu un magazine culturel réunionnais où ils avaient mélangé plein de proverbes et ils avaient mis la cerise sur le chapeau. On a trouvé ca rigolo et féminin pour la Cerise, comme on était que des filles et le chapeau ca donnait le côté spectacle.

Cette passionnée de théâtre, amoureuse de l’art et du spectacle a voulu créer un lieu hors du commun.

“L’idée ce n’était pas de mon monter un café et ensuite de faire des concerts et des spectacles, on a vraiment pensé le projet en terme de café culturel. L’idée, c’est que chaque soir, on propose quelque chose avec tous les arts possibles. Art plastique, musique, théâtre, projection, danse, des temps de rencontre, et même des jeux de cartes et des concours. Le but, c’est de pousser les gens à se rencontrer, avec l’art et la culture comme dominante.”

En décidant de monter son concept à La Réunion, Emilie Magnan n’a pas été déçue.

“Le super bons côté de La Réunion, c’est que c’est un vivier d’artistes, il y a beaucoup de musiciens notamment. […] Il y a énormément de choses à faire, à inventer… On n’est jamais en panne, et ça, c’est génial.”

Toute de rouge vêtue, la Cerise se dresse au coin d’une rue saint-pauloise. Un espace convivial ouvert au public du mardi au samedi, de 17 h à minuit, avec une programmation riche et variée. Il y a aussi des rendez-vous incontournables avec du jazz, de l’impro, du karaoké ou encore du Lindy hop ( danse métissée, mêlant le charleston, le swing et des pas de danses africaines). Une bonne place est faite également aux enfants. Jeune maman, Emilie Magnan tient particulièrement à mettre en place des ateliers pour les plus petits le week-end.

“On voulait que ce soit familial, que les gens se sentent bien, qu’ils prennent leur temps, qu’ils viennent avec leurs enfants, leurs grands-parents ou entre amis. C’est dans cet esprit que nous avons décidé de ne pas vendre d’alcool fort et d’adapter la carte aux petits aussi.”

Si aucun signe extérieur ne montre que La Cerise ne va pas bien, en réalité la salle a connu un épisode financier houleux l’an dernier. Des difficultés qui ont bien failli mettre un terme au temps de La Cerise. L’équipe a donc revu son concept. Auparavant les spectacles étaient gratuits, seuls les consommations au bar et la nourriture étaient payantes. Pour que La Cerise puisse continuer à mûrir, il a été décidé de demander une contribution au public.

“On est une SARL, mais avec un état d’esprit associatif. On ne cherche pas la rentabilité, mais l’équilibre. Comme beaucoup de petites entreprises, on a du mal à embaucher. Le choix, c’était soit de se tuer à la tâche, soit de demander au public de nous soutenir et de nous aider.”

Une participation “libre et consciente” est donc maintenant demandée à l’entrée de la salle.

“Il faut aussi avoir en tête que les artistes, on les paye tous, tous les soirs. Un partenariat avec le PRMA (Pôle Régionales des Musiques Actuelles), nous permet de payer les musiciens en cachet. Mais, pour le théâtre, la danse… On doit se débrouiller. Mais les gens sont supers, ils donnent sans problème et ça nous a beaucoup aidé. “

Une petite salle atypique, qui n’a pas fini de surprendre. Les artistes ont encore beaucoup de cerises à sortir de leur chapeau.

© Crédits photo d'Emilie MAGNAN : Pierre Marchal
© Crédits photo de la Cerise : T. Giraud (Le poulailler)

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