Les Bringelles : les voix du Maloya sont imparables

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Depuis près de trois ans, Les Bringelles s’accordent à partager leur passion de la musique en faisant vibrer leurs cordes vocales à l’unisson et le rythme ternaire n’est jamais loin car il les anime profondément.

Les bringelles (aubergines en français) sont des légumes reconnus pour leurs vertus antioxydantes, elles agissent contre l’oxydation due au vieillissement, mais c’est aussi un quatuor de jeunes femmes aux propriétés étonnantes, leurs chants apaisent, adoucissent et dynamisent ceux qui l’écoutent. Car Marie Lanfroy, Mélanie Bourire, Magali Inès et Maya Kamaty savent jouer de leur voix pour émerveiller leur public.

Une musique de liberté

Les deux premières évoluent dans Saodaj depuis 2012. La troisième a accompagné plusieurs groupes de maloya et est actuellement avec Zène’T Panon. Quant à la quatrième, bercée par les contes de sa mère Anny Grondin et la musique de son père, Gilbert Pounia, le chanteur de Ziskakan, elle a su se faire un nom et sillonait le monde pour faire connaître les sonorités de La Réunion. Toutes vouent un amour sans condition au maloya.

Le premier contact de Magali avec cette musique, par exemple, s’est noué bien avant sa naissance. En effet, enceinte, sa mère écoutait Gafourn de Danyèl Waro. Et puis elle a transmis à sa fille son inclination pour la musique de son île, car Firmin Viry, Ziskakan et bien d’autres se faisaient entendre sur les cds. À La Réunion depuis 2010, elle a tout de suite été charmée par l’aspect partage du maloya. « L’écouter sur cd, ce n’est pas aussi fort que de le vivre comme on peut le faire dans les kabars » et  cette sensation a déterminé sa pratique.

Marie, elle s’extasie devant le très bon accueil réservé au maloya à travers le monde. Selon elle, c’est l’une des musiques les plus ouvertes qui existe. « On peut le jouer avec des musiciens d’autres styles, il y a toujours une bonne alchimie. ». Elle ajoute « c’est une musique de liberté et j’espère qu’elle va le rester. Il ne faut pas la brider, car même si elle peut se suffire à elle-même, il y a aussi de la place pour d’autres instruments ».

Des agendas difficiles à concilier

Sur scène, elles utilisent avec brio la polyphonie et elles font aussi la part belle aux percussions. Tantôt leurs compositions subliment la langue créole et le maloya ou la chanson française, tantôt elles font retentir un chant traditionnel bulgare ou arabe, mais lorsqu’elles reprennent ainsi des morceaux d’ailleurs elles les « bringellisent » en ajoutant des instruments pays et en mariant leurs voix pour de belles vibrations.

En raison de leurs emplois du temps bien chargés, ces musiciennes ne se voient pas toutes les semaines en répèt. « Il n’est pas toujours facile pour nous de croiser nos quatre agendas, confie Magali Inès, on travaille surtout sur un mode de résidence après lesquelles on enchaîne les périodes de concert ».

On a moins la pression

L’une de leur plus mémorables résidences artistiques, elles l’ont vécu sur une semaine à Maputo au Mozambique. Accompagnées de leur directeur artistique Bastien Picot, elles y ont partagé l’affiche avec trois chanteuses mozambicaines et y ont joué pour la journée des droits de la femme.

Engagées les Bringelles se sont aussi jointes à l’évènement Kozman Zanimo pour lutter contre l’errance animale, une cause qui leur tient à coeur.

Ce qui les importe aussi c’est de continuer à jouer ensemble. Le maître-mot de leur collaboration étant le plaisir d’être ensemble, elles voudraient  se retrouver plus souvent. « On espère pouvoir jouer ensemble davantage, car on aimerait que ce groupe vive longtemps et s’étoffe musicalement. Du fait que ce soit un projet secondaire, précise Marie, il y a plus de lâcher-prise car on a moins la pression. C’est une autre énergie qui se dégage de cette expérience et elle est chouette à vivre. »

 

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