Les chasseurs d’images remontent le temps

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C’est dans le cadre enchanteur du Vieux Domaine, à la Ravine des Cabris, que s’est tenue la 2ème édition de « Regards croisés, Zistoirs Photos ». Ambiance.

Où peut-on croiser une vieille coccinelle faisant la causette à une DS, un alambic, ou des procédés de tirage photo vieux de deux siècles, une thématique photo sur le contenu du frigo des gens, ou une ode photographique au pilon? Où se régaler d’un bonbon manioc en slalomant dans un immense parc rempli de plantes endémiques, jouxtant un verger de fruits oubliés, à la recherche de panneaux photos, cachés tels des oeufs de Pâques par une poignée d’amoureux du 8ème art?

Le week-end dernier, le travail des photographes péi, amateurs ou professionnels, était mis à l’honneur dans ce beau lieu qu’est le Vieux Domaine de la Ravine des Cabris, qui a rouvert ses portes l’an passé après un long sommeil.

Tout le week-end, ils ont exposé leur travail, visiblement très heureux de partager cela avec un public curieux. Car comme le rappelle l’un d’eux, « tout le monde pratique et apprécie la photo. D’autant plus qu’aujourd’hui c’est tellement simple… » Imaginez la tête d’un Robert Doisneau devant les performances des derniers Iphone ou Huawei !

Certains étaient rassemblés en mode collectif, dans les annexes de la grande maison de maître : l’ancienne écurie, la boutik chinois ou le moulin manioc. D’autres se présentaient individuellement, dans la dizaine de petites cases des métiers lontan, reconstituées depuis plusieurs années avec réalisme et soin du détail. Dans le nid intime du bardeautier, de la lingère, du tisaneur ou de la couturière, on venait causer tirages, prises de vue, paysages, matériel, trucs du métier, anecdotes…

Tous passionnés et passionnants, la vingtaine de photographes, dont quelques femmes, affichaient des styles aux antipodes : les amateurs des couleurs les plus vives de l’île intense côtoyaient sans hiérarchie aucune des portraitistes discrets, des amoureux du noir et blanc, des photoreporters aux passeports de globe trotters, des chasseurs d’images animalières aux longs zooms… L’occasion de rencontres variées, pour préparer un book, un mariage, avoir des conseils de pros, entrer dans une association… Bref, un beau voyage dans la photogénie, en deux mots ou un, et cela juste pour 3 petits euros !

Dans l’ancienne écurie, une collection d’appareils photo anciens et/ou rares a fait le bonheur des connaisseurs. Preuve que la Réunion, depuis fort longtemps, est une terre que l’on a toujours aimé mettre en boîte depuis que Nicéphore Niépce nous a gratifié, en 1881, d’un nouveau joujou aujourd’hui marié avec nos téléphones…

Justement, le revival de la photo lontan – en réaction avec ce millénaire-selfie parfois trop jetable et trop facile, est lui aussi bien présent dans l’île. Installé dans la petite case des moulins manioc, un espace dédié aux premiers procédés de tirages proposait explications et ateliers d’expérimentation aux petits et grands, qui repartaient avec leur tirage « cyanotype », un bleu obtenu à base de sels de fer, ou « marron Van Dyke », procédé au sel d’argent qui porte le nom de son inventeur en 1833. Ou encore des tirages au charbon, à la gomme arabique, des sténopés… Encore un coin de passionnés passionnants !

À noter

À noter que les recettes de l’événement participeront au financement des transports pour les visites de groupe du prochain circuit « Eudora » : une visite du Verger de Mahavel couplée à celle du Vieux Domaine. Cette nouveauté sera inaugurée le 25 février par des écoliers. Lotrinfo vous en reparlera bientôt.

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