Urban Sketchers : ou comment croquer le monde d’un coup de crayon

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Il vous est peut-être arrivé de croiser des groupes de dessinateurs, en pleine création devant les monuments et paysages réunionnais ? Et bien, il est fort possible que vous soyez tombé sur la communauté locale des Urban Sketcher (USK).

 

Ce groupement de dessinateurs (professionnels et amateurs) est présent sur les cinq continents depuis une dizaine d’années. C’est en 2007 que le concept apparaît sur Internet pour la première fois, sur le groupe Flickr. Une initiative du journaliste et illustrateur espagnol, Gabriel Campanario. Installé aux Etats-Unis, il collabore en tant qu’artiste et rédacteur au Seattle Time. Voyant se multiplier les publications en ligne de dessins, il a l’idée de créer un blog de partage à destination d’artistes du monde entier. Pour y adhérer, une simple condition : poster régulièrement des dessins accompagnés de texte sur leur réalisation. Ce sont les premiers Urban Sketchers. Tous se retrouvent en une devise commune : « Voir le monde, de dessin en dessin » et sont fidèles à ce manifeste en huit points et traduit en douze langues :

1. Nous dessinons in situ, en intérieur ou en extérieur et croquons sur le vif.
2. Nos dessins sont les témoins de notre quotidien et de nos voyages.
3. Nos dessins représentent des archives de lieux et d’instants.
4. Nous sommes fidèles aux scènes que nous voyons.
5. Nous utilisons tous types de techniques et apprécions la diversité de nos styles.
6. Nous nous soutenons les uns les autres et dessinons en groupe.
7. Nous partageons nos dessins en ligne.
8. Nous montrons le monde de dessin en dessin.
À La Réunion, la pratique se démocratise de plus en plus, depuis 2017. Le concept a été importé dans l’île par Catherine Chan. Rencontre avec cette artiste passionnée.

– En quelques mots, votre parcours artistique…
Je suis autodidacte, mais j’ai énormément appris et progressé au contact de la communauté Urban Sketchers. J’aime particulièrement dessiner l’architecture et les scènes de vie, ainsi que la nourriture et j’ai presque toujours mon matériel de dessin et d’aquarelle avec moi.

– Comment avez-vous découvert l’existence des Urban Sketchers ?
J’ai entendu parler du mouvement des Urban Sketchers en 2012 à un moment où je souhaitais renouer avec ma passion pour le dessin. Il n’y avait pas encore de groupe Urban Sketchers à Hong Kong où j’étais alors basée, mais déjà quelques sketchers se rassemblaient pour dessiner une fois tous les 3 mois lors des Worldwide Sketchcrawls. Lorsqu’Urban Sketchers Hong Kong a été créé en 2013, je faisais partie des premiers membres du groupe.

– Comment le concept s’est invité dans les rues réunionnaises ?
J’ai attrapé le virus de l’Urban sketching au contact du très dynamique et sympathique groupe des Urban Sketchers Hong Kong. À mon retour à la Réunion, c’est tout naturellement que j’ai souhaité retrouver une telle communauté localement. Avec Chantal, qui faisait partie des Urban Sketchers Paris, et Phil, rencontré à la Réunion en 2015 et qui dessinait déjà ici, nous avons lancé Urban Sketchers Réunion en 2017.

– De quelle façon s’organise une session ? 
Les sorties, gratuites, sont organisées par les administrateurs du groupe et annoncées sur le groupe Facebook Urban Sketchers Réunion. Nous sommes aujourd’hui plus de 200 membres sur ce groupe. Et une trentaine de sketchers réguliers qui dessinent ensemble lors des sorties Urban Sketchers Réunion.
Les sessions ont lieu en général le weekend avec 10-20 participants à chaque fois, et durent environ 3-4h, sur une matinée ou une après-midi. Il n’y a pas de cours, mais on dessine librement, on discute, on échange des astuces sur les techniques et le matériel.
À la fin de chaque session, on rassemble nos productions pour une photo de groupe et pour voir ce que chacun a fait. C’est toujours surprenant et inspirant de voir les différentes approches et techniques développées par chacun autour d’un même sujet/lieu.

– Les sketchers réunionnais ont-ils l’occasion de rencontrer les sketchers d’ailleurs ?
Oui. Le Festival Embarquement immédiat, qui en est à sa 5e édition en 2019, invite des sketchers d’ailleurs à donner des ateliers, et c’est l’occasion de les rencontrer.
Il nous est arrivé aussi d’être contactés par des sketchers de passage sur l’île et d’organiser une session pour dessiner avec eux. À l’inverse, lorsque les sketchers réunionnais partent en voyage, je les encourage toujours à contacter les groupes Urban Sketchers des pays ou villes qu’ils vont visiter. On a l’opportunité de rencontrer en vrai des sketchers à l’autre bout du monde qu’on suit et admire sur Facebook ou Instagram. Et les sketchers locaux sont très certainement les meilleurs guides pour vous indiquer les meilleurs endroits où dessiner, manger, acheter du matériel d’art, etc.

Enfin, il y a la possibilité de s’envoler pour le Symposium Urban Sketchers organisé chaque année depuis 10 ans dans un pays différent, et auquel participent plus de 550 sketchers venant de 47 pays.

– Un mot pour conclure ?
J’encourage toute personne à La Réunion qui a un intérêt pour le dessin, quel que soit son niveau, à nous rejoindre et à s’essayer à la pratique de l’Urban Sketching. On porte un regard neuf sur sa ville et ce qui nous entoure, car tout bâtiment, toute chose, toute situation, banale ou exceptionnelle de notre vie quotidienne, devient un sujet de dessin et un prétexte pour raconter, de manière graphique, une anecdote de notre vie.

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