ZétOIle : lumière sur le cinéma de l’Océan Indien

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Offrir un regard sur les professionnels du cinéma et leurs potentialités d’écriture, de mise en scène et de techniques cinématographiques, c’est l’objectif du concept ZétOIle. Une idée développée à partir de 2014 par la réalisatrice et productrice Nathalie Vindevogel et sa collaboratrice Marianne Bosson-Orsini.

 

Après plusieurs années passées en Belgique et à Madagascar, il y a 11 ans, Nathalie Vindevogel pose ses valises à La Réunion. Née au Rwanda, cette Flamande mère de deux enfants a toujours eu l’amour de l’image. Passionnée de cinéma, elle décide alors d’entamer une reconversion professionnelle et s’inscrit pour une formation de 5 ans à l’ILOI (Institut de l’image de l’Océan Indien).

“C’est là que j’ai appris.”

Un apprentissage qui se concrétise sous la forme de deux documentaires courts métrages :  Le balais des arrosoirs, tourné à La Réunion et Quand les 12 touchent terre, filmé à Madagascar (ce dernier a été présenté lors du Festival du film au féminin, au cinéma Cambaie en avril 2019.) Très vite après ses études, la réalisatrice et productrice a l’envie de créer un projet autour du cinéma. S’inspirant de son expérience au Festival international du film d’Afrique et des îles (FIFAI), Nathalie Vindevogel souhaite développer dans l’Océan Indien un festival regroupant des cinéastes du monde entier.

“J’ai travaillé 5 ans sur le FIFAI. C’est une grande richesse ! J’adore organiser, rencontrer… La rencontre, c’est primordial. J’avais envie de partager tout ca.”

Face au manque de financement, Nathalie Vindevogel et Marianne Bosson-Orsini décident de se consacrer dans un premier temps uniquement à l’Océan Indien. C’est ainsi qu’en 2016, ZétOIle voit le jour. Il permet de promouvoir, faire connaître et découvrir des jeunes cinéastes de la zone. Cela passe par des projections de films bien sûr, mais aussi par des rencontres, notamment entre les cinéastes et les jeunes. ZétOIle accorde une attention toute particulière aux femmes de la profession. Nathalie Vindevogel s’est ainsi associée avec Marianne Bosson-Orsini retraitée engagée, militante acquise à la cause des femmes, fondatrice et accompagnatrice de plusieurs organismes en faveur de l’entreprenariat féminin à la Réunion et dans l’océan Indien. Nathalie Vindevogel évoque aussi une certaine solidarité entre les femmes cinéastes.

“Avec les autres réalisatrices, on s’aide, quand on a besoin de faire des traductions par exemple. Le cinéma coûte cher, quand on ne trouve pas les fonds, on essaye de trouver les gens qui peuvent nous aider. On peut aussi s’accompagner dans l’écriture. “

Nathalie Vindevogel pointe du doigt les difficultés du métier. Et notamment le parcours du combattant pour obtenir des subventions.

“On ne peut pas vraiment en vivre. Ca, c’est assez général, à part si on fait des films à gros budget. Si je prends mon exemple personnel, mon film “Quand les 12 touchent terre” a été subventionné par la ville du Port, jumelée avec la ville de Tamatave. Il a été fait dans un concept de résidence d’artistes. J’ai pu profiter de ca, mais sans rien gagner dessus. Pour bien gagner sa vie à La Réunion, il faut pouvoir faire plein d’autres choses à côté, je ne crois pas qu’on puisse vivre uniquement de ca.”

En parallèle, elle est donc coordinatrice culturelle à la Biennale Arts Actuels Réunion, assistante de communication à la DACoi et présidente de l’association Cyclone Art Kréasion 974. Depuis juillet 2018, elle est même gérante de sa propre boite de production Isha Production.

Malgré les difficultés du milieu, la passion de Nathalie Vindevogel pour le cinéma est telle qu’elle ne compte pas baisser les bras. La réalisatrice/productrice et sa collaboratrice Marianne Bosson-Orsini “espèrent un jour avoir un festival ZétOIle indépendant.”

Comme le dit l’adage bien connu, il faut croire en sa bonne étoile.

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