Zik : Abrial ou la fulgurance de l’arnaque

0
88
Interview d’Abrial sut TV5 Monde

Rocker exemplaire, l’artiste sort un nouvel album totalement décapant.

La  voix est intacte, plus belle que toujours, puissante pour mettre en valeur un verbe jamais indigent. Patrick Abrial, c’est de la musique mais aussi des textes, une combinaison complexe mais toujours réussie. Silencieux depuis près d’une trentaine d’années, il fait un retour fulgurant en haut de l’affiche avec seize morceaux d’anthologie, sous le titre générique « L’Arnaque », cette constatation des recommencements les plus douloureux de l’histoire. Album envoûtant – envoûté même – où se côtoient certaines de ses compositions les plus remarquables, de nouvelles créations tout aussi étonnantes – ses tiroirs doivent en regorger – et reprises irrésistibles pour le coup, Il emprunte à Piaf et Gainsbourg avec un égal bonheur-.
Patrick Abrial est un chanteur, un vrai parce qu’authentique. De ceux qui ont grandi dans la marge imposée par les multinationales du disque, qu’un public fidèle n’a jamais oublié. Parti de la chanson, il est venu bousculer les arcanes du rock français avec de véritables brûlots. Un parcours unique que restitue cette fameuse « Arnaque », du premier tube superbement relooké – Je t’Aime, Marie Je t’Aime » – à « Abrial’s », disque définitivement baroque, barré.

Abrial a trouvé son double, Jye, autre bohémien magnifique

Depuis, Patrick n’avait rien lâché, permettant avec ses compositions et ses productions à d’autres de s’épanouir dans son studio. Un passé, plus ou moins récent, qui suffit pour expliquer la qualité de «  L’Arnaque ».

A l’instant de retrouver le disque et la scène, Abrial a trouvé son double, Jye, autre bohémien magnifique, capable de monter des symphonies sur ses seules cordes. Leurs guitares suffisent à ces deux-là, soudées, complémentaires et incroyablement expressives. Subtiles jusque dans la tempête qu’elles provoquent, elles retrouvent, quand l’ambiance le réclame, des sons d’orfèvre.

On a vu Abrial avec ses groupes, seul délirant et échevelé sur son harmonium, il revient avec Jye, toujours aussi fou pour conter l’agonie de Louis II de Bavière, la tendresse d’une « Grande Mère », les amours impossibles et, plus que tout, le triste état de l’humanité.

Commentaires

Publicité