Au Coeur de la cascade Biberon, le goyavier du champ à l’assiette

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La Plaine des Palmistes. Blottie dans la campagne, la table d’hôte de Sylvie Léger propose une cuisine traditionnelle et originale à la fois, où le goyavier est mis à l’honneur. Rencontre.

 

La balade familiale à la cascade Biberon était sympathique. « Etait » car aux dernières nouvelles le sentier est toujours fermé. La Table d’hôte éponyme de la cascade, elle, est bel et bien ouverte. Le visage de la propriétaire et gérante ne vous est peut-être pas inconnu : elle a en effet tourné dans une publicité pour un producteur local de yaourt.
Sylvie Léger a repris l’exploitation agricole de son père en 2007 : du maraîchage, avec spécialisation dans le conflore, la patate douce et les songes ; et un peu d’élevage de poules, coqs, canards et autres volatiles destinés à la vente, une activité désormais terminée. Demeurent quelques gallinacés pour la plus grande joie des marmailles. Aujourd’hui la jeune femme s’est recentrée sur la production de goyaviers, notamment sur le terrain de plus d’un hectare derrière sa maison. « J’ai commencé en 2007 avec 200 kg, aujourd’hui j’en produis 5 ou 6 tonnes » indique-t-elle, tous les terrains n’étant pas encore valorisés. Une production qu’elle écoule via le producteur de yaourt sans oublier les particuliers pour les cueillettes saisonnières. La visite d’un sentier botanique avec guide, référencée à l’OTI Est, et les découvertes de produits de la ferme pour les enfants complètent le panel d’activités.

Sur les encouragements de quelques amis, sous forme de pari, Sylvie se lance dans l’aventure de la table d’hôte en 2011. Samoussas aux brèdes chouchou ou au conflore, gratins, sablé au goyavier, accompagnent le poulet et coq au vin de goyavier (elle ne dit pas « civet », car ce n’est pas du « vrai » vin), réclamé par les visiteurs, pour un moment gourmand et authentique. Sylvie met un point d’honneur à se présenter à ses convives avant les premiers coups de fourchette, ce en dépit des inévitables bavardages. Pour elle, l’échange est important. A noter que les menus peuvent prendre en compte les allergies et pathologies diverses nécessitant par exemple la pauvreté en sel des aliments.
Le repas terminé, une promenade digestive s’impose avant de reprendre la route, sans oublier quelques pots de gelée, de confiture et de rougail de goyavier, et le souvenir d’une belle rencontre avec une jeune femme courageuse et passionnée, engagée dans la valorisation de son terroir.

Le WWOOF, une aide appréciée
La vie d’agricultrice et de gérante de table d’hôte n’étant pas de tout repos, 
Sylvie s’est récemment engagée dans le World-wide opportunities on Organic Farms
(ou WWOOF), réseau mondial de fermes biologiques né en Angleterre à l’époque 
hippie, qui fonctionne sur le mode de l’échange gîte et couvert contre partage 
des tâches et de la vie de l’exploitation. « Une très belle expérience humaine »
témoigne la jeune femme, qui déplore que ce système ne soit pas assez connu. 
Beaucoup d'agriculteurs réunionnais travaillant en famille, ceux-ci n'en ont sans
doute pas l'utilité, mais les accidents de la vie n'épargnent personne. 
Le WWOOF peut alors devenir, ponctuellement, une aide efficace, à la condition 
bien sûr de tomber sur des gens motivés, et qui ne rechignent pas à la tâche.
Pour devenir WWOOfer :
https://www.wwoof.fr/comment-ca-marche

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