Interview William Cally, auteur-réalisateur du film « La Buse, l’or Maudit des Pirates »

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Alors qu’un film documentaire retraçant la folle épopée du pirate le plus célèbre de l’Océan Indien s’apprête à être diffusé le 02 octobre prochain sur Réunion Première, replongeons-nous tout d’abord dans la légende de La Buse et de son fameux trésor.

 

Né à Calais aux alentours de l’an 1680, Olivier Levasseur fût lui-même fils de flibustier. Celui qui allait devenir l’un des plus grands pirates de son époque apprit les bases de la navigation auprès de son père. Tout d’abord corsaire pour le Roi de France dans les Caraïbes à la fin du XVIIe siècle, sa légende débutera réellement dans les années 1710 lorsqu’il choisira d’écumer la route des Indes Orientales. En hommage à ses attaques à la vitesse dévastatrice, le surnom de la Buse lui sera associé. Basé à l’île Sainte-Marie au large de Madagascar, il réussira de nombreuses prises magistrales dans un premier temps en s’associant à l’anglais John Taylor. Parmi celles-ci, la prise en 1721 du navire portugais La Nossa Senhora Do Cabo au large de l’île Bourbon le fera définitivement entrer dans la prospérité. En effet, la cargaison présente dans les cales de ce navire serait composée de diamants, d’or et de bijoux appartenant au vice-roi des Indes Portugaises. Un butin considéré comme l’une des plus belles prises de l’histoire de la piraterie et qui vaudrait aujourd’hui plusieurs milliards d’euros. Après plusieurs autres prises moins importantes, La Buse et John Taylor mettront un terme à leur association dévastatrice. Profitant de la charte de clémence du Roi de France, La Buse prendra sa retraite sur l’île Sainte-Marie en 1724 mais refusera de restituer son trésor et fera ainsi l’impasse sur l’amnistie royale. Reconnu et arrêté en 1729, il sera jugé sur l’île Bourbon pour ses crimes avec pour sentence la mort par pendaison. C’est en chemin pour son lieu de pendaison à Saint-Paul que La Buse aurait confié à ses geôliers au-dessus de la Ravine à Malheur « Avec ce que j’ai caché ici, je pourrais acheter l’île. » Une réplique qui fera sa légende accompagnée du célèbre cryptogramme qu’il aurait jeté à la foule réunie à Saint-Paul le jour de son exécution en criant « Mon trésor à qui saura le prendre ! »

Inspiration d’hier et d’aujourd’hui

L’histoire de ce célèbre pirate restera comme l’une des plus inspirantes pour de nombreux passionnés à travers le monde. C’est notamment le cas de l’auteur-réalisateur dyonisien William Cally dont le prochain film retracera l’épopée du forban :

« La Buse, l’or maudit des Pirates, est un documentaire-fiction d’une durée totale de 104 minutes. Il s’agit d’un film 100% réunionnais, produit par une société réunionnaise, Kapali Studios, et réalisé par l’auteur-réalisateur réunionnais que je suis. Nous nous intéressons dans ce film à la palpitante existence du pirate La Buse ; un forban qui aura eu une carrière bien plus longue qu’on ne le pense et qui aura côtoyé au fil du temps le gotha des capitaines pirates de l’Âge d’or de la Piraterie. La Buse mériterait sans doute, au regard de son histoire et de sa légende, le qualificatif de “plus grand pirate français”. Ce film va proposer aux téléspectateurs une plongée envoûtante dans les chroniques brèves mais sanglantes des Pirates de l’océan Indien. »

Pourquoi avoir choisi la Buse comme thématique ?

« Moi, personnellement, j’ai toujours rêvé de faire un documentaire historique sur les pirates de l’Océan Indien et sur le légendaire La Buse. C’est donc aujourd’hui tout simplement un rêve qui se réalise. Avec le thème des pirates, nous avions dès le départ un thème de portée universelle et mon idée était de mettre tous les ingrédients possibles pour parvenir à la fin à un film d’une qualité suffisante pour qu’il puisse trouver son public non seulement auprès des Réunionnais, mais aussi au-delà de nos frontières. Donc, une fois ce défi posé, il a bien fallu le relever… Cela nous a pris plus de 3 ans de travail ! Le choix de ce genre hybride du “documentaire-fiction”, c’est celui d’une forme audiovisuelle moderne, plus immersive, dynamique et captivante pour les téléspectateurs. Mais c’est aussi une forme très exigeante car il faut évidemment se frotter à la “fiction” et, pire encore en la circonstance, à des reconstitutions historiques en costumes et décors d’époque. J’ai eu la chance de m’appuyer sur une équipe de techniciens et d’artistes réunionnais aussi passionnés et investis que je peux l’être moi-même. Une équipe de talents locaux. L’une des grandes satisfactions du film, enfin, c’est son casting de pirates : on a su trouver les comédiens et figurants qu’il fallait. Beaucoup d’entre eux, une fois vêtus de leurs costumes et maquillés, crèvent carrément l’écran. Je vous laisse la joie de découvrir leurs faciès de forban à l’écran lors des diffusions à venir sur Réunion 1ère. »

Est-ce que le public peut s’attendre à découvrir des informations encore jamais dévoilées à propos de ce personnage ?

« Le grand public devrait découvrir beaucoup de choses nouvelles sur ce forban. On va parler notamment des débuts de la carrière de La Buse dans les Caraïbes, aux côtés de certains des plus grands noms de l’Âge d’or de la Piraterie. Une période très méconnue de sa biographie. On va s’intéresser aussi au supposé cryptogramme de La Buse, mais aussi à la dimension mystique qui entoure la quête des trésors pirates dans nos îles, etc. »

Pensez-vous que La Buse fait partie intégrante de l’histoire de la Réunion ?

« La Buse fait non seulement partie de l’Histoire de La Réunion, mais de celle de toute notre région de l’océan Indien. Faire un film sur le pirate La Buse, quand on est Réunionnais, Mauricien, Malgache ou Seychellois, c’est toucher à une figure quasi incontournable de notre imaginaire insulaire et de l’Histoire des îles du Sud-Ouest de l’océan Indien. La Buse et son fameux cryptogramme font véritablement partie intégrante de notre Panthéon imaginaire créole. La Buse en est même une figure irradiante. C’est, pour nous, le pirate par excellence. »

Croyez-vous vous-même qu’il ait caché son trésor sur notre île ?

« Notre film n’entend bien sûr pas répondre à cette énigme du trésor de La Buse. Des centaines de chasseurs de trésor se sont lancés dans cette quête depuis des décennies et n’y sont pour l’instant pas parvenus. La part de rêve et de fantasme entretenue autour du légendaire cryptogramme de La Buse et de son décodage représente une donnée bien réelle, quoi que l’on puisse dire. Mais rien n’interdit de rêver, surtout quand on parle des pirates : le trésor se trouve peut-être enfoui au cœur de la Ravine à Malheur, comme l’imaginait Bibique, ou alors dans le Sud de l’île, comme le pensent aujourd’hui d’autres chercheurs réunionnais. Mais il est peut-être également aux Seychelles, à Maurice ou sur l’île Sainte-Marie à Madagascar… Peut-être aussi qu’il y a plusieurs trésors de La Buse… Peut-être enfin qu’il n’y a pas de trésor du tout. Qui sait ? Plutôt que de se perdre dans ses méandres, notre investigation s’est concentrée sur l’Histoire concrète des pirates et la part d’authenticité de toutes ces informations. Par exemple, les origines du cryptogramme de La Buse, son apparition ou sa “réapparition” aux Seychelles dans les années 1920, voilà ce qui a vraiment suscité notre intérêt… Le véritable trésor auquel ce documentaire-fiction “La Buse” propose d’accéder c’est celui de la connaissance ; la connaissance de cette Histoire brève, mais palpitante et tumultueuse, des pirates de l’océan Indien. Voilà le trésor que l’on ramène “dans nos cales”, si je puis dire, au bout de notre création audiovisuelle. »

Par quels moyens sera disponible le film ?

« Notre documentaire-fiction “La Buse, l’or maudit des Pirates”, composé en deux parties de 52 minutes, sera diffusé, à La Réunion, durant la première quinzaine d’octobre 2019 sur la chaîne Réunion 1ère. Le film aura ensuite une série de diffusions sur les chaînes nationales du réseau France Télévisions, avant de s’exporter sans doute, on peut l’espérer, vers d’autres pays. Nous avons d’ailleurs l’intention d’en faire un doublage anglais. Une bande-annonce est actuellement visible sur notre chaîne Youtube pour tous ceux qui souhaitent s’en faire une idée. »

La Buse, l’or maudit des pirates sera à découvrir en première partie sur Réunion 1ère la TV, le mercredi 02 octobre à 19h50. La seconde partie sera diffusée sur la même antenne, toujours à 19H50, le mercredi 09 octobre.

© Crédits photo : Kapali-Studios 2019

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