Trail again in Mada

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Dans la foulée du Grand Raid de La Réunion, les îles voisines organisent leur propre événement sportif pour attirer un autre type de touristes. C’est le cas à Madagascar, où l’ultra-trail des Hauts Plateaux attire chaque année un nombre croissant d’esthètes de la course à pied à deux pas de la capitale. Surfant sur ce succès, une nouvelle offre touristique est en construction dans la Grande île. L’occasion de découvrir les douze collines sacrées de l’Imerina à petit pas !

Le Grand Raid de La Réunion fêtera bientôt ses 30 ans, une éternité ! Dans la foulée de cette « diagonale des fous », l’île Maurice a lancé son « Royal Raid » il y a une quinzaine d’années. À Madagascar, c’est l’Ultra Trail des Hauts Plateaux (UTOP, pour les initiés) qui a fêté sa dixième édition en mai dernier.

L’événement n’en finit plus d’attirer. L’UTOP aujourd’hui, c’est 1 800 concurrents (70 la première année), 400 bénévoles, 3 jours d’épreuves et 7 courses, dont l’épreuve-phare sur 121 km. Sans oublier la course déguisée « Just for Fun ».

Du côté des cadors, on n’est pas là pour rigoler. Au-delà du T-shirt « Finisher », la principale motivation des meilleurs est une invitation dans un des ultras les plus courus : à Maurice et à La Réunion, mais aussi au célèbre UT4M de Grenoble, où se retrouve la crème des traileurs mondiaux.

L’UTOP ne fait pas encore partie de ce gotha. La faute à un parcours trop roulant pour les esthètes. La faute, aussi, à un balisage parfois chaotique. Le Mauricien Jean-Will Smith, invité par l’organisation, y a perdu pas mal de temps cette année. Il finit tout de même 8ème au scratch. Quant au Réunionnais Freddy Thévenin, autre star du circuit, il a été disqualifié après s’être perdu dans la forêt…

Pour Gabriel Desvaux, un Mauricien installé depuis sept ans dans la Grande Île, cela reste tout de même une très belle épreuve : « On traverse des paysages typiques et, dans les villages, la ferveur est incroyable ».

Concepteur du parcours, Éric Lépine est l’un des premiers à avoir eu l’idée d’un trail à Madagascar : « Les premières années, le parcours était un simple aller-retour entre le lycée français de Tana et le lac de Mantasoa. Aujourd’hui, on propose un départ à 121 km qui démarre à Marozevo, passe par Mantasoa et finit à Tana ».

Événement majeur pour la région, l’UTOP est plus qu’un rendez-vous sportif : un challenge à vocation sociale. Dans tous les bourgs traversés, l’organisation remet des dons aux enfants. En outre, des primes sont attribuées au village le plus animé. Une façon comme une autre d’impliquer la population locale dans un événement qui s’affirme également comme un booster de fréquentation touristique pour la région.

Surfant sur ce succès, l’Office de Tourisme de la région de Tana (Ortana) a en effet développé un nouveau produit touristique à destination d’un public de marcheurs, au profil de baroudeurs. L’aventure a démarré il y a cinq ans avec une première offre d’excursion au cœur de la capitale.

« Nous voulions renverser une image un peu négative en proposant un circuit de deux heures qui permette de prendre le pouls de Tana et de comprendre son histoire à travers la découverte des quartiers typiques », explique Harimisa Razafinavalona, directeur de l’Ortana. Objectif atteint : quatre ou cinq groupes visitent désormais la ville quotidiennement.

Fort de ce succès, l’Ortana s’est lancé un autre défi : le Trek des douze collines, un nouveau circuit pédestre de 200 km à travers les collines sacrées de l’Imerina.

« On a d’abord développé des circuits sur chaque colline, reprend Harimisa. Désormais, il s’agit de les relier entre elles avec des solutions d’hébergement. Le but est de faire vivre les chambres d’hôtes et les artisans pour que tout le monde profite de ce développement touristique ».

Des guides indépendants ont été formés par l’Ortana. Tous parlent le français et l’anglais, parfois l’allemand, le russe et même la langue des signes !

« On travaille avec les agences de voyage pour promouvoir cette offre mais on ne veut pas un tourisme de masse avec des bus pleins et des choses trop cadrées, souligne le directeur de l’Ortana. On recherche un tourisme authentique, avec de l’inattendu, de l’imprévu, des surprises. Le public des traileurs est tout indiqué. Mais tout randonneur de niveau moyen peut venir, pourvu qu’il n’ait pas peur de marcher dans les rizières et de crapahuter dans la montagne. »

La plupart des randonnées durent entre 3 et 5 heures. La température est plutôt fraîche sur ces Hauts Plateaux situés à 1 300 m d’altitude. Mais le climat est changeant, pouvant alterner des épisodes de soleil franc, de pluie ou de vent.

Qu’importe ! La promesse de randonnées épiques dans ce terroir sublime, à 40 km à peine de Tana, est un appel puissant qui ne saurait être ignoré. Entre ces villages aux maisons victoriennes faites de briques bancales, entre ces près où paissent des zébus et des vaches, entre ces rizières et ces forêts, l’Imerina est un enchantement qui vaut à lui seul le coût du billet : un séjour en authenticité !

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