Un week-end à Sainte-Rose, des embruns à la forêt primaire.

0
63

Se promener du côté de Sainte-Rose, sur les sentiers ou sur les routes, c’est respirer l’air marin ou le parfum des cannes coupées, déguster les spécialités locales, et découvrir les richesses du terroir comme la vanille. Virée dans cette jolie commune aux portes du Sud Sauvage..

 

Balade vers la Cayenne : le plein d’iode et de verdure

Quand on vient en famille, la bonne idée est de déposer celles et ceux qui désirent marcher sur le parking du port, puis se rendre en voiture à l’aire de pique-nique de la Cayenne avec marmites, parasols, la chaise pour mamie et tout le tremblement, et attendre l’arrivée des randonneurs en rang d’oignons, à peine fatigués, mais tout disposés à attaquer l’apéritif.
Du côté de la Marine, le sentier traverse d’abord quelques bosquets de bambous, dont le « tac-tac-tac » incessant, sous la brise de mer, imprime une ambiance particulière. Le sol est colonisé par la traînasse, qui s’agglutine ici et là en touffes. Puis on aborde le coin du cimetière, avant d’apercevoir la ville et de longer une petite bananeraie. Les roches basaltiques refont leur apparition un peu plus loin sur le sentier qui aborde de nouveau l’océan, réservant au passage des points de vue imprenables sur les falaises de basalte. Là, les bouffées d’air iodé sont vivifiantes.

Quelques beaux jardins et des maisons, à demi cachées par la végétation, font leur apparition, suivis par des cases plus modestes, avec coq, poules et bois coupés pour la cuisine. Le sentier se perd un moment sous les vacoas, (heureusement qu’on sait où on va, quoi !), et on fera très attention aux plus jeunes enfants sur un court passage qui borde le vide d’assez près. On retrouve les hautes herbes, puis le tapis rouge des feuilles de badamier. Le sentier sort un moment du couvert végétal, on arrive dès lors assez vite à la Cayenne, accueillis par l’odeur du rougail la morue !

Comptez une bonne heure, sans forcer, pour parcourir la distance depuis la Marine, avec les indispensables bonnes chaussures. Le sentier est plat sur l’ensemble du parcours, à quelques rares marches près.

La route des radiers, entre les cannes et les goyaviers

Si vous avez la chance de ne pas tomber sur des importuns équipés de sonos, vous goutterez sur la route des Radiers au son du silence, comme disaient les pères Simon et Garfunkel. C’est si rare.

La route des Radiers rejoint la nationale en trois points : devant l’église après la Rivière de l’Est, à Piton Sainte-Rose et juste avant la descente vers Bois-blanc. À vous de voir dans quel sens vous voulez faire le trajet. Du côté Bois-blanc, les lacets percent les champs de cannes, et en cette saison de coupe, les fragrances sucrées de celles-ci vous accompagnent un bout de chemin avant de laisser la place aux parfums de forêt. Les radiers se succèdent alors, alternant parfois avec de petits ponts aux garde-corps en tubes comme on en voyait couramment autrefois. Le comique de l’histoire : même quand plusieurs radiers se succèdent de très près (quelques dizaines de mètres à peine), ils sont invariablement signalés par des panneaux réglementaires. Comme si deux ne suffisaient pas, de chaque côté du groupe de radiers.

Profitez d’une pause pipi pour jeter un œil dans la forêt primaire et admirer la profusion de plantes qui jouent avec les rayons de soleil. Magnifique. La vue sur la côte est également superbe, pour peu qu’il fasse beau. À mi-parcours, on tombe sur la fameuse coulée de 1977, qui divise toujours la forêt primaire en deux. Plus loin, un «restaurant de campagne» fait son apparition, avant que la route n’entame sa descente vers la Rivière de l’Est, toujours bordées de goyaviers et de jamrosats. On pourra regretter le manque d’emplacement pour pique-niquer le long du trajet. Un mal pour un bien : cela préserve le site des pollueurs du dimanche.

Ça sent la vanille…

À Bois-blanc, depuis octobre de l’année dernière, une nouvelle boutique met à l’honneur la vanille sous toutes ses formes, et des produits artisanaux divers. Son équipe vous accueille tous les jours de la semaine, vous offre un café (à la vanille bien entendu), puis vous propose la visite d’une vanilleraie toute proche en compagnie d’un guide professionnel, pour une dizaine d’euros.

L’occasion de découvrir ou redécouvrir cette « vanille des laves », préparée à la coopérative de Bras-Panon, qui s’épanouit à l’ombre des sous-bois entre Saint-Philippe et Sainte-Rose.

Où manger ?

Faire la route ou marcher au bord de mer, ça creuse. Heureusement, Sainte-Rose n’est pas avare en adresses où l’on peut se restaurer. Vous pouvez commencer par « Chez Louiso », au port, pour profiter de la vue. À la sortie du centre-ville, vous tomberez sur « la Rose i dor » et son parking planté en quatre-épices. Du côté de Piton-Sainte-Rose, plusieurs petits restaurants sont ouverts, comme « Le Métis », « la Coulée 77 » ou « le Corail », un peu plus loin. Juste avant l’anse des cascades, et son restaurant connu, vous trouvez une autre adresse typique, ouverte depuis des lustres : « le Poisson Rouge », et ses plats créoles et chinois. On regrette l’absence de restaurant dans le joli quartier de Bois-blanc, qui mériterait d’être davantage valorisé.

N’oubliez pas les tables d’hôtes, où la cuisine est bien souvent plus authentique. Parmi les plus réputées, on peut citer « La Cayenne » ou « le Matilona », qui propose aussi de la gastronomie internationale. Des adresses que nous ne manquerons pas de vous faire découvrir à l’occasion d’une prochaine balade.

Commentaires

Publicité