Christophe Jicquel l’électron libre

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Il restera celui qui a contribué de longues années à faire d’Antenne Réunion la télévision réunionnaise impertinente et un tantinet irrévérencieuse. Aux côtés de Sébastien Folin, il a marqué à jamais le paysage audiovisuel de notre île. De retour en novembre dernier (après 18 ans d’absence), pour une série de reportages avec France 2, il nous parle de l’île de ses premiers amours télévisuels.

Véritable trublion, électron libre, travailler aux côtés de Christophe Jicquel n’est pas une sinécure. Loin s’en faut. Ce professionnel des médias est en effet plus à l’aise dans l’improvisation que dans la rigueur journalistique.

Fan d’Antoine de Caunes, Christophe a été marqué  à jamais par la grande époque de Canal + avec Philippe Gildas et José Garcia sa référence à lui. Notre touche à tout est, sans surprise, devenu un original, reconnu pour sa verve. Il excelle actuellement comme pigiste pour France 2 dans l’émission matinale de « C’est au programme » de Sophie Davant. Car les mots et les jeux qui en découlent sont à n’en pas douter sa marque de fabrique. Il les torture, les manie, les exploite et les triture. Mais en plus, il aime à jouer de sa superbe vocalise pour en exploiter toute la substantifique moelle grammaticale.

La matrice réunionnaise

L’homme n’est pas avare de reconnaissance et il reconnaît que La Réunion a sans nul doute été le tremplin à sa carrière dans l’hexagone. Son retour au « péi » est pour lui l’occasion de rendre hommage à cette île qui lui a tant apporté. « La Réunion a vraiment été la planche sur laquelle j’ai surfé sur la vague de ma vie professionnelle pendant 23 ans ! C’est beau cette phrase non ? ». « A mon retour en France, j’ai enchainé sur une télé régionale à Lyon (Télé Lyon Métropole). Fort de mon expérience, je savais réaliser, concevoir un programme et le présenter. J’ai donc pu travailler en animant une quotidienne en direct et présenter des magazines. Jusqu’en 1997. Ensuite, j’ai rejoint Paris où j’ai travaillé comme présentateur pour la chaine Voyage et France 3 Régions puis comme chroniqueur sur TM. J’ai enchaîné sur Canal + avec Jean Luc Delarue qui m’a intégré dans une émission quotidienne, (La vie en clair). Puis comme réalisateur pour « L’amour est dans le pré » avant de devenir  Rédacteur en chef sur  « La France a un incroyable talent »  et « Nouvelle Star ».

« Je suis venu réaliser deux sujets de présentation de l’ile pour le public de l’émission qui est composé de beaucoup de femmes. Un sujet axé montagne et volcan et un sujet plus orienté mer et loisirs sur la côte.

Rafting sur la rivière des Marsouins, sortie en mer, rencontre avec baleines et dauphins, méditation face au volcan et rencontre avec des réunionnais passionnés et amoureux de leur ile comme Philippe TECHER qui a été notre fixeur durant notre séjour. Un homme formidable et d’un immense secours,  tout cela agrémenté de carri ti jack et de rougail saucisses que j’adore. On n’en trouve pas d’aussi bon en métropole. J’ai « surkiffé » ce retour aux origines de ma carrière ».

Un regard toujours lucide sur La Réunion

L’occasion pour Christophe de redécouvrir l’un des aspects qui fait de la Réunion sa légende, la chaleur de ses habitants : « L’accueil des professionnels de la communication et du tourisme sur l’ile a vraiment été excellent. La prise de conscience des atouts incroyables de l’île est enfin efficiente ce qui n’était pas le cas dans les années 90. Je trouve que l’identité de la Réunion s est affirmée. Sa « signature » touristique, sa singularité a émergé et est désormais aussi forte que celle des Antilles et de la Guadeloupe ce qui n’était pas le cas à mon époque. En revanche je vois toujours une île en ébullition, une île poudrière avec une  jeunesse oubliée. Une île qui n’offre pas assez de travail pour tout le monde ; et c’est insoluble car l’île n’est pas extensible. A mon époque, les émeutes au Chaudron avaient marqué les esprits. Les derniers événements montrent que la jeunesse réunionnaise souffre toujours autant d’être laissée pour compte. Cela me désole. J’espère que le tourisme continuera de se développer pour offrir des débouchés pour un maximum de jeunes…» confie Christophe.

Après quinze jours de reportages à un rythme effréné, on lui a demandé quel regard il portait  sur le paysage médiatique réunionnais.

« Je n’ai malheureusement pas eu le temps de beaucoup regarder la télé. J’ai ré-écouté souvent Freedom qui est pour moi une authentique radio populaire et participative avec une vraie démarche citoyenne au service des Réunionnais et dont le ton n’a pas changé en 23 ans !!

Pour le reste j’ai été scotché par la qualité hollywodienne (image, lumière etc ) des clips des artistes réunionnais que j’ai pu voir à la télé.  Et la qualité de certaines émissions dans la mise en images, le ton des sujets.  Je repense à la série CUT qui entame sa sixième saison. Je sais que La Réunion servira bientôt de décor à un blockbuster cinéma de premier ordre. La Réunion lé la et bien la !!  Le paysage audiovisuel réunionnais est devenu une force majeure dans le développement de l’ile. C’est certain. Pour ma part, j‘aimerais réaliser un clip ou un court métrage en collaboration avec un artiste réunionnais avec comme décor les immenses et majestueux sites de l’ile.

Depuis mon passage, je réfléchis aussi à un documentaire de 52 minutes incarné (présenté) sur l’ile.  Je n’en dis pas plus, je ne voudrais pas qu‘on me pique l’idée. Ccchhhuuuutttt !!! »

Promis Christophe, on ne dira rien.

Bio : Diplômé d’un DEUG de sociologie, Christophe JICQUEL a fourbi ses armes  dans plusieurs radios réunionnaises dans les années 90 (Oxygène, Fun radio) avant d’exercer ses talents sur Antenne Réunion. D’abord dans l’émission musicale « Maximum », aux côtés de son acolyte Seb (Sébastien Folin), pour ensuite se produire avec talent dans la célébrissime émission en plateau SQQC (Samedi Quelque Chose) produite par Eric Olivier, avec Rocaya et Estelle Jomaron. Rentré dans l’hexagone depuis 18 ans, il ballade son talent dans le paysage audiovisuel français mais garde une attache forte avec La Réunion.

© Crédits photo : Pierre MARCHAL

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