Claudia Carpentier, la belle qui veut sauver la planète

0
995

La « métisse créole » qui fait frémir le papier glacé des magazines et les catwalks, était de retour en famille pour les fêtes. Nous l’avons rencontrée en toute simplicité à l’ombre d’une rondavelle de Saint-Leu.

Il nous a fallu insister pour finir par décrocher un rendez-vous avec la demoiselle. Nous allions presque jeter l’éponge, peu intéressé, au final, à rencontrer une personne que nous commencions à croire capricieuse. Nous serions passés à côté d’une belle rencontre: Claudia nous a surpris par sa personnalité complexe.

Nous ferons l’économie de longues lignes sur la beauté de la demoiselle. Petit bandana dans les cheveux, élégante brassière blanche brodée qui dégage un nombril sautillant et petite jupe d’été, la jeune femme est à son aise sous les filaos de Saint-Leu. Car Claudia a l’habitude des regards indiscrets. Elle pose dans le monde entier pour des photos de mode ou artistiques, depuis qu’elle a été repérée en 2013 par la prestigieuse agence Elite. Même si elle dit être devenue modèle un peu par hasard, on sent dans la voix de Claudia une vraie fierté à exercer ce métier. Et elle insiste bien sur ce point : si les images qu’elle poste sur les réseaux sociaux donnent l’impression qu’elle a « la belle vie » comme disent certains (jaloux), à voyager dans le monde entier et à s’allonger sur les plus belles plages du monde, tout cela est le fruit d’un énorme travail. Un travail quotidien avec un rythme souvent dingue, de longues heures de préparation et un entrainement physique (gym et yoga) digne d’un sportif de haut-niveau.

Des valeurs fortes et un sens de l’engagement

Ce sens du travail lui vient sans doute un peu de sa grand-mère maternelle qu’elle cite à plusieurs reprises durant notre discussion, sans même s’en rendre compte. Celle-ci lui a appris qu’on récolte toujours les fruits que l’on sème. Une grand-mère qu’elle a côtoyée dans la ferme familiale de Saint-Barth, aux Antilles, où elle a vécu, ainsi qu’à La Réunion. Car Claudia est une vraie fille des îles, et son attachement à son identité métisse est le fruit de cette construction.

Une construction identitaire qui l’a amenée à la découverte d’Aimé Césaire et surtout de Nelson Mandela. Elle parle de l’homme avec une admiration sincère, et de l’émotion qu’elle a ressenti à l’annonce de sa mort, alors qu’elle vivait en Afrique du Sud. Une admiration qu’elle partage avec Oprah Winfrey, qui est son modèle de vie.

La réussite de la célèbre présentatrice américaine lui a permis de mener de nombreux combats caritatifs, et notamment de s’engager pour la cause des femmes et la reconnaissance de leur place dans la société. Ainsi lors de la cérémonie des 75e Golden Globes, Oprah s’est jetée dans la bataille “Me Too” en proclamant qu’un jour nouveau est venu: “Time’s Up”. Un temps où les femmes peuvent enfin occuper toute leur place dans la société. Claudia veut s’en inspirer.

Une identité créole forte qu’elle cultive aussi auprès de certaines collègues mannequins comme Noémie Lenoir ou d’artistes comme Maya Kamaty et la famille Pounia dont elle dit admirer le travail.

Des valeurs nourries par le support constant de ses parents dans son choix de vie. Notamment lorsqu’il a fallu s’adapter au froid et à la grisaille parisienne, les premières années de sa carrière. Des valeurs qui l’ont conduites enfin à s’engager en faveur de la protection de la planète, et en particulier des îles dans le monde.

Des valeurs de solidarité qui inspirent sa fondation écologique

Car Claudia s’est fixée une mission : sauver la planète. Elle sait qu’elle ne sera pas mannequin toute sa vie, alors elle se construit un avenir dans la protection de l’environnement. Elle parle avec passion de sa rencontre avec Enric Sala, grand spécialiste de l’écologie marine qui anime le projet Pristine Seas et veut créer des aires marines protégées partout dans le monde.

Pour donner du sens à ses idées, Claudia vient de créer la Fondation écologique ELEMENTS, basée à New-York et qui vise les 4 éléments : Eau, Terre, Air, Feu. Son ambition est de s’attaquer durant les prochaines années à lever des fonds pour financer des projets dans le domaine de la protection et de l’éducation à l’environnement, notamment à destination des plus jeunes. Elle s’est rapprochée des Nations-unies et de la Fondation du Prince Albert de Monaco.

Claudia souhaite que ses enfants (car elle veut en avoir) puissent vivre sur une planète où la biodiversité aura été préservée. Elle s’indigne à l’idée qu’en 2050, comme l’annonce la Fondation Ellen McArthur, il pourrait y avoir plus de plastiques que de poissons dans les océans.

S’inspirant de son expérience acquise dans les Galas de l’AMFAR, initiés par Elisabeth Taylor et Mathilde Krim pour lever des fonds en faveur des recherches sur le SIDA, elle organisera prochainement deux évènements pour faire connaître sa fondation. Outre la mobilisation de la communauté scientifique, elle entend valoriser des initiatives vertueuses comme les créateurs de maillots de bain qui recourent à une fibre eco-responsable de type Econyl, à base de plastiques recyclés.

Ces évènements devraient lui permettre de financer des associations environnementales réunionnaises et de plaider la cause des petites îles.

Mais Claudia travaille pour l’instant au lancement de son site internet.

De tout cela on aura l’occasion de vous en reparler. Car comme vous l’aurez compris, nous sommes repartis conquis par l’énergie de Claudia et nous ne manquerons pas de vous tenir au courant de l’avancée de ses projets.

Bio express

La jeune mannequin réunionnaise Claudia Carpentier a été repérée par 7 Magazine alors qu’elle poursuivait ses études en Prépa Lettres. Lauréate du Elite Model Look 2013, elle s’envole pour Paris, capitale de la mode, pour une carrière jalonnée de succès. Elle enchaine les photos pour Prada, Valentino, Victoria Secret, et autres Alexander Wang. Elle joue dans des films lors d’un séjour à Cape Town, et s’installe à New York. Très attachée à La Réunion où elle rentre régulièrement, Claudia se dit prête à aider les jeunes réunionnaises qui auraient envie d’embrasser la même carrière qu’elle et sont prêtes à « sot la Mér ». Elle marche ainsi dans les pas de la grande Noémie Lenoir.

Elle vous conseille de regarder le film Demain, de Mélanie Laurent, et de rejoindre son combat pour sauver la planète. Et nous recommande de lire “Drawdown: the most comprehensive plan ever proposed to reverse global warming”, un livre de Paul Hawken.

© Crédits photo : Pierre MARCHAL

Commentaires

Publicité