« Le système ne facilite pas la tâche des entrepreneurs. »

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A 38 ans, Alban CHELMY est un jeune entrepreneur qui a su construire un groupe qui prend tranquillement sa place dans la vie économique de l’île. Il s’est aussi lancé dans le coaching pour accompagner la reprise d’entreprises.

Daniel GONTHIER, le maire de Bras-Panon, rêve de faire de sa ville une Silicon valley ! Il tient peut-être son homme en la personne d’Alban CHELMY. « C’est totalement réalisable» explique avec une belle assurance le jeune entrepreneur originaire de la ville. Il a déjà déménagé dans sa ville natale l’une de ses trois sociétés jusque là basées à St-Denis.

Quitter une multinationale comme Holcim ne lui a pas fait peur. Il est parti en rachetant une partie de l’activité fabrication et mise en oeuvre d’enrobés du groupe à La Réunion. Cette fibre, il ne l’a pas hérité de ses parents… qui sont fonctionnaires. « J’ai toujours aimé entreprendre. Que ce soit en organisant très tôt des soirées ou en mettant en route une team rallye avec tout ce que cela comportait comme organisation… »

Une diversification audacieuse

Aujourd’hui, à la tête d’un groupe qui emploie 28 personnes, Alban CHELMY sait ne pas mettre tous ses œufs dans un seul panier. Si son groupe a été impacté par la récente crise des gilets jaunes, c’est surtout, selon lui, la vision que l’on a de l’entreprenariat en France, qui, pose problème. « Le système ne facilite pas la tâche des entrepreneurs. Même dans la communication sur le statut d’entrepreneur nous ne sommes pas bons. Ce n’est pas très difficile pourtant : il faut juste bien se préparer et bien réfléchir. Il faudrait vraiment changer la vision que l’on a sur le monde de l’entreprise. La philosophie est différente dans de nombreux pays en Europe et aux Etats-Unis. »

A La Réunion, dans son domaine, il se retrouve seul indépendant face à des géants du BTP comme Colas et Vinci. « Ce n’est pas normal et c’est même dommage… »

Parmi les Réunionnais qui l’inspirent, Alban CHELMY a beaucoup d’admiration pour Jacques DE CHATEAUVIEUX et la manière dont ce dernier a atteint une dimension internationale en partant de chez nous. Pour François CAILLE aussi : « Il a su faire face. C’est là que l’on voit la capacité d’un entrepreneur ». Alban n’est pas seulement inspiré par les grands patrons: le parcours de Gérard Cabris (Gérant de CONSTRUCTION TRAVAUX PUBLICS), Goulam JAFFAR, qui, en venant du monde des stations services, a su lancer la chaine O’Tacos, Vincent EDMOND dans l’immobilier international avec la stratégie “Colocation à Haut Rendement”, ou encore Vincent ROBERT qui a lancé le « Congrès des Entrepreneurs Péi », sont aussi des modèles.

Reprendre et développer plutôt que créer

Créer n’est pourtant pas son truc. « Pourquoi créer quand on peut reprendre. C’est plus simple de racheter. C’est donner une nouvelle vie à une entreprise, préserver de l’emploi et du savoir-faire ».  Et Alban d’ajouter : « Quand vous achetez, tout est là même si les situations sont parfois un peu complexes. Il faut juste régler les cursus. Vous avez aussi plus de crédibilité face aux banques ou aux fournisseurs. Vous pouvez aussi vous assurer un salaire dès le départ. Ce n’est pas toujours le cas en créant… ».

Alban CHELMY a d’ailleurs récemment ajouté une ligne supplémentaire à sa carte de visite : coacher ceux qui veulent reprendre des entreprises. « Il y en a environ 1500 chaque année sur le plan national et 300 dans notre ile » explique-t-il. « J’ai fait beaucoup d’erreurs de débutant quand je me suis lancé. J’étais fougueux, je voulais aller vite, j’étais très impatient… » concède-t-il. Il veut partager son expérience pour éviter à d’autres de commettre les mêmes erreurs et s’est lancé dans l’organisation de séminaires sur l’entreprenariat.

Aujourd’hui, le pannonais partage volontiers son histoire et sa success story pour aider ceux qui veulent faire grandir l’économie réunionnaise.

Bio :
Alban Eddy CHELMY, jeune Panonnais de 38 ans dirige aujourd‘hui les entreprises ABTP, Alliau, Exidimat dans les secteurs du bâtiment, l’industrie et le négoce. Diplômé de l’IAE de La Réunion, cet ancien triathlète a su faire preuve d’audace en rachetant l’entreprise GOC dont il était salarié. La diversification engagée, forts de 28 salariés, son groupe ambitionne de se développer dans de nouveaux secteurs et Alban déploie maintenant ses talents dans l’accompagnement à la reprise d’entreprises.

© Crédits photo : Pierre MARCHAL

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