Edith Semmani : une femme précieuse

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La défense de la place des femmes dans la société, la mise en valeur de leurs engagements, de leur travail, de leurs combats. Une cause chère au coeur d’Edith Semmani. Cette féministe investie a créé en 2015, le Trophée des femmes précieuses. Il vient couronner le parcours de vie et la carrière de plusieurs Réunionnaises.

 

                “Le trophée des femmes précieuses, c’est une façon de récompenser, de valoriser des   histoires, des parcours et des combats de femmes de La Réunion, dans différents secteurs : la culture, le sport, l’environnement, l’entreprenariat… Il y a dix catégories. Cela permet parfois de mettre des personnes anonymes un peu sous les  projecteurs. Cela donne lieu à des rencontres et à des projets.”

Un prix avant tout symbolique et pourtant, les femmes sont souvent gênées lorsqu’on leur propose une nomination pour les trophées. Une réalité qui reflète le combat qu’il reste encore à parcourir pour la reconnaissance des femmes par notre société, mais aussi par elles-mêmes. Un embarras des lauréates déconcertant pour Edith Semmani.

                “J’ai dû parfois, batailler auprès de femmes pour qu’elles acceptent d’être nommées, elles ne se sentaient pas légitimes.”

Des femmes précieuses pour Edith Semmani, qui tient sa force et sa persévérance de la première femme précieuse de sa vie, sa maman.

                “La personne qui m’a inspirée, c’est ma mère. J’ai tout plaqué pour venir à La   Réunion me rapprocher d’elle. Ce projet, j’avais commencé à l’écrire à Paris     mais, j’ai toujours voulu le faire à La Réunion. Je ne connaissais personne, j’ai commencé à développer le projet, à aller le présenter. A un moment donné il y a un      déclic qui s’est passé, peut-être parce que c’était le moment. J’ai alors décidé de monter ma première édition du Trophée des femmes précieuses. “

L’instinct, les rencontres, les échanges, c’est ce qui porte la créatrice du trophée des femmes précieuses dans ses projets. Mais comment gère-t-elle ses challenges ambitieux ?

                ” La passion, mes convictions, ma folie sans doute…Peut-être mon côté parisien. J’en   sais rien, c’est un tout. A un moment donné je suis habitée, j’ai été transportée, j’ai eu un déclic, je ne réfléchis plus et j’y vais, je fonce.”

Et cette fonceuse ne s’arrête plus, en octobre 2018, elle fait venir à La Réunion plusieurs actrices à l’origine de l’ouvrage collectif, initié par Aïssa Maïga, Noire n’est pas mon métier. Véritable manifeste sur la place des femmes et des personnes de couleurs dans le cinéma français. L’essai signé par seize comédiennes a fait grand bruit au dernier Festival de Cannes. Il s’inscrit dans la lignée des révélations autour du scandale de l’affaire Weinstein, des mouvements “balances ton porc” et “me too”. Des évènements qui ont mis en lumière les travers de l’industrie cinématographique et plus largement, les questions du harcèlement, du consentement et de toutes les violences physiques ou morales, auxquelles les femmes peuvent être confrontées. Un ouvrage qui a également fait réagir sur notre île, notamment à l’occasion de la projection du film Les femmes du Rwanda de Sonia Roland (l’une des signataires de Noire n’est pas mon métier). Un film qui a aussi été un déclic pour Edith Semmani.

                “J’ai toujours fait des projections de films […] je me suis dit l’image peut être un vrai    vecteur de prise de conscience auprès des gens, et peut insuffler également de  l’espoir. Notamment auprès des jeunes.”

Cette projection a fait germer un énième projet dans l’esprit d’Edith Semmani. Un peu plus de quatre ans après la création des trophées, en avril 2019, elle sort de son chapeau un nouveau projet engagé, le premier festival du film au féminin de La Réunion. Quant aux Trophées des femmes précieuses, ils reviendront pour une troisième édition en novembre prochain.

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