La modernité industrielle, une fierté réunionnaise

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Les consommateurs se reconnaissent dans des produits qui ont non seulement égalé les produits importés en qualité, mais les ont parfois dépassé.

Prenant la suite de “Produit Réunion” en 2009, la marque collective repère “Nou la fé” incarne une nouvelle identité industrielle réunionnaise. Les industriels locaux contribuent en effet à donner une image renouvelée de l’identité locale à travers leurs produits. Une image de modernité.

Les principales industries locales alimentaires et de biens de consommation ont désormais un modèle d’activité reposant généralement sur trois pieds : leurs propres marques locales, des marques nationales ou internationales qu’elles produisent sous franchise et, pour certaines d’entre elles, des productions pour le compte des marques de distributeurs. L’industrie locale profite de sa proximité avec la clientèle réunionnaise, de sa réactivité, du soutien des consommateurs, et d’une offre de qualité proposée à des prix compétitifs face aux importations.

Le meilleur exemple est donné par l’industrie agroalimentaire (IAA), poids lourd du tissu industriel local. En intégrant des saveurs locales dans des produits standardisés, elle a su s’adapter aux nouveaux modes de consommation, et fait de la spécificité réunionnaise une forme de différenciation et d’innovation. Les principales entreprises réunionnaises se sont engagées dans des démarches de certification assurant la qualité de fabrication de leurs produits. Notamment les boissons, qui constituent le premier secteur des IAA réunionnaises en valeur ajoutée. Boissons alcoolisés ou non-alcoolisés, leur succès est l’un des plus exemplaires de l’industrie locale.

Le rhum, spécialité historique

Ainsi les rhums et punchs sont une spécialité historique que l’industrie réunionnaise a su renouveler avec brio. Le rhum a connu une véritable révolution d’image en trente ans. Il faut se souvenir que, jusque dans les années 80, il était perçu localement comme un produit banal de consommation courante. Aujourd’hui, les rhums et punchs réunionnais remportent de nombreux prix dans les concours professionnels à travers le monde, et la clientèle touristique leur a ouvert la voie de l’export.

La limonade présente elle aussi les caractéristiques d’un produit local ancien qui s’est réinventé sous la forme des sodas. Autres réussites, les charcuteries industrielles, les plats cuisinés réunionnais, les légumes sous vide, ont conquis leur place au rayon traiteur en maîtrisant les technologies de la pasteurisation, de la congélation ou du conditionnement sous vide. On peut citer également la meunerie réunionnaise, une activité souvent méconnue, qui produit aujourd’hui 60% des farines consommées sur l’île, et la production de riz qui s’oriente vers les riz de gammes supérieures de plus en plus demandés.

L’avenir ? Pour ne parler que du local, tout n’est pas joué en import-substitution. C’est vrai principalement dans la transformation des fruits et légumes et celle des viandes. On peut citer l’exemple du traitement des fruits en jus, compotes, confitures : des niches existent pour ces produits. Soutenu par le projet DEFI, qui permet de diminuer les prix de 10 à 20% sur plus de cent produits, les viandes pays commercialisé en GMS ont vu leurs ventes augmenter de 25%. DEFI courre jusqu’en 2021.

La restauration collective représente désormais un nouvel enjeu de l’import-substitution. La production locale est encore relativement peu présente sur ce marché qui relève de la commande publique. Dans les années à venir, les IAA réunionnaises devraient se positionner davantage sur ce marché spécifique, et les collectivités s’ouvrir davantage à l’offre locale.

© Crédits photo : Pierre MARCHAL

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