Le CNARM veut favoriser l’emploi des Réunionnais dans l’Océan Indien

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Sujet sensible que celui de la mobilité professionnelle. C’est le cheval de bataille du CNARM depuis 50 ans ! L’ouverture à la zone Océan Indien et l’accompagnement de ceux qui choisissent de rentrer feront partie des nouveaux outils mis à la disposition des demandeurs d’emplois dans l’île !

 

Avec le CNARM (*), plus de 10 000 jeunes ou moins jeunes Réunionnais ont pu trouver une formation ou du travail en Métropole ces 10 dernières années. Pour les détracteurs du CNARM, les images du BUMIDON des années 70, ou pire, des enfants de la Creuse, restent collées à celle de la Mobilité vers la métropole ! Avec l’incontournable question du « retour au pays » ! L’association multiplie pourtant les exemples d’intégrations réussies. Elle met aussi en avant celles, assumées par les candidats de stabiliser vies familiales et professionnelles dans l’Hexagone. Dans un autre registre, le site Réunionnais du Monde, n’est pas le dernier non plus à faire un état des lieux plutôt encourageant de mobilités réunionnaises, étudiantes ou professionnelles, valorisantes à travers le globe.
Mais les réseaux sociaux ont la peau dure. Ils savent amplifier les revendications et vents contraires. Ce fut encore le cas récemment lorsque le CNARM a fait paraitre une annonce pour le Cantal, ce département de la France profonde, en mal de main d’œuvre. Il n’est pas le seul. La Bretagne et son climat venteux pluvieux, ou La Lorraine et le Nord connus pour « la fré » ne trouvent pas plus grâce. Le combat, c’est « l’expatriation », voire même « la « déportation » !

« Un métier là-bas, c’est un avenir ici »

Dans plusieurs des grandes villes du sud de l’hexagone, l’enseigne Kiloutou ne trouve pas de mécaniciens et de vendeurs malgré le chômage. Venue à La Réunion espérant pouvoir recruter et répondre au développement de son enseigne, elle n’a pas fait le plein non plus. À Paris, un coiffeur court après les apprentis. Dans les séances d’information du CNARM, il a fallu ajouter des chaises. Les garçons et filles présents n’ont pas été convoqués, ils ont juste lu une annonce. Pourtant à La Réunion aussi les salons manquent de candidats.
Ibrahim Dindar, président du CNARM, et son conseil d’administration, viennent de concrétiser deux projets qui leur tenaient à cœur depuis longtemps. Ils ont embauché une jeune fille de retour de Lyon pour répertorier les réunionnais partis avec le CNARM et qui souhaitent rentrer. Elle contactera également les entreprises réunionnaises qui ne trouvent pas, dans l’île, expériences ou compétences nécessaires. Sa mission : proposer les candidats au retour. De quoi faire écho au slogan actuel du CNARM : « Un métier là-bas, c’est un avenir ici… »

« Les sud-Africains et les asiatiques ne se font pas prier, eux, dans la zone »

Autre secteur où le CNARM investit : la mobilité dans la zone Océan Indien ! Une volonté relancée avec l’appui du Conseil départemental pour passer des volontaires à la coopération aux emplois pérennes des secteurs marchands. Aux Seychelles, le tourisme annonce un potentiel de 7000 emplois dans les cinq ans à venir. De plus, l’archipel souffre d’un déficit de personnel hôtelier parlant français. La clientèle française représente pourtant la première part de marché de ce secteur. Autre domaine : la formation et les consultants, où sud-africains ou asiatiques ne se font pas prier à venir pourvoir le manque.
À Maurice, l’hôtellerie aussi et la gastronomie souffrent du manque de main d’œuvre qualifiée. Chez nos voisins, les nouvelles technologies de l’information, le numérique, la data, les chefs de projets commerciaux ou le domaine du management sont pourtant pourvoyeur d’emplois.

Des compétences recherchées

« Nos jeunes vont étudier à Londres et restent en Angleterre, explique ce spécialiste du recrutement à Port-Louis. Ou bien, ils vont en Afrique et en Asie accompagner le développement de certains groupes Mauriciens bien plus tournés à l’international que vous. Alors les entreprises font maintenant des efforts de salaires pour attirer les meilleurs. Pourquoi pas des Réunionnais ?»
En Afrique de l’est ou plus près de chez nous à Madagascar, les compétences et la formation françaises (donc réunionnaises) dans des secteurs pointus comme le déploiement durable, l’énergie, l’agriculture, la conduite de projets, les fluides, l’eau, la bio climatique ou le recyclage, sont recherchées.

Est-ce que cela sera suffisant, chez nous, pour porter un regard différent sur la mobilité professionnelle ? Avec, dans l’île, un taux de chômage de près de 50 % chez les jeunes, et quelque 1500 diplômés qui vivent du RSA.

*CNARM, Comité national d’accueil et d’actions pour les réunionnais en mobilité – www.cnarm.fr

« Les Seychelles ? Convaincre ma maman qui
me demandait pourquoi j’allais travailler si loin ? »

Originaire de Trois Bassins, et dans la communication autour les affaires 
internationales, elle n’aura pas de mal à voir son contrat reconduit. « Tous les 
deux mois, sourit la demoiselle, je reviens passer un week-end dans ma famille. 
J’arrive le vendredi soir et je repars le dimanche. Imaginez si je travaillais 
en Métropole. Ce ne serait pas du tout la même chose… » Chez Business Mauritius, 
organisation privée des chefs d’entreprises du pays, l’un des cadres de la 
structure est un Réunionnais. Il vit à Maurice depuis 8 ans.
« Je suis très bien aux Seychelles, explique cet autre marmaille de La Possession.
…Il y a beaucoup à faire ici, et de la place à prendre pour les Réunionnais. 
Mon plus gros souci a été de convaincre ma maman qui me demandait pourquoi 
j’allais travaillais si loin… » À l’heure de WhatsApp, Messenger et autres 
Instagram, Les Seychelles sont à peine à deux heures et demi de vol de 
Roland-Garros.

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