Nadia Payet : une créole chez Google

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De Saint-André à Seattle. C’est la trajectoire fulgurante de Nadia Payet, qui dirige aujourd’hui une équipe de 13 personnes chez Google. Elle nous raconte son parcours et sa vie américaine, sans jamais se défaire de son naturel et sa simplicité.

Au moins deux fois par an, Nadia Payet revient sur son île natale. Elle retrouve ses parents et la case familiale de Saint-André. Venue en novembre pour participer à la Fête de la Science, dont elle était ambassadrice, elle continuait néanmoins de travailler à distance pour son employeur, à près de 20 000km.

Cet employeur, nous le connaissons tous pour utiliser quotidiennement son service, c’est Google. Plus précisément, Nadia travaille sur l’application Google Map du géant américain. Elle dirige une équipe de 13 personnes. “Ce qui me plaît dans la mentalité américaine, c’est que la promotion se fait au mérite plus qu’à l’ancienneté ou grâce aux relations, témoigne-t-elle. Aimer son travail est bien vu et quand on est ambitieux et qu’on se donne les moyens, on peut réussir”.

Une ambition sans prétention que l’on retrouve dans le parcours de la jeune self-made woman. Bac en poche, elle part faire une école d’ingénieur à Lyon après deux ans de classe prépa à Saint-Denis. Un détour par Munich, puis elle s’installe de l’autre côté de l’Atlantique pour passer un doctorat à l’Université d’Oregon State. Diplômée en 2011, elle entame sa carrière chez Amazon avant d’intégrer Google.

Du petit-déjeuner au dîner, tous les repas sont offerts

Voyages et travail, voilà ce qui occupe l’essentiel de sa vie. Seulement, chez Google, les conditions de travail sont plutôt bonnes. Un doux euphémisme. “Le matin j’arrive à 8h pour participer aux cours de gym proposés par l’entreprise, explique-t-elle. Je travaille ensuite jusqu’à environ 18h30 avec une pause déjeuner de 30 à 45 minutes. Sur place, on peut prendre petit-déjeuner, déjeuner et même dîner. C’est gratuit, de qualité et il y a énormément de choix”.

Et ce n’est qu’un début. Les bureaux de Google à Seattle sont composés de sept bâtiments pour 2 500 salariés. Une ville dans la ville, avec ses services comme un salon de coiffure ou de massage. “On est choyé, admet Nadia, et il y a un côté déstressant à ne pas avoir à tout préparer et prévoir”. Pour compléter un tableau qui colle parfaitement à l’image de l’entreprise américaine moderne, tout le monde y travaille en jean-basket, certains amenant même leur animal de compagnie au bureau.

Un mode de vie auquel Nadia semble s’être complètement adaptée. “Seattle est une ville très progressiste où il y a un contrôle des armes à feu, on fait beaucoup de sport, mange sainement. On est à proximité de deux grands lacs et des montagnes pour des randonnées ou du camping et même faire du ski l’hiver”. On comprend aisément qu’elle s’y épanouisse. Pour autant, elle ne se ferme aucune porte. “J’aime ce que je fais et peut encore progresser mais, à moyen terme, pourquoi pas rentrer en Europe ou lancer un projet et être mon propre patron”.

Pas de barrière ni frontière. Une philosophie qu’elle a adoptée et conseille sans arrière-pensée : “Il y a énormément de très beaux parcours de Réunionnais expatriés. Cela donne beaucoup d’espoir. Mais je peux comprendre que le choix soit compliqué entre partir pour sa carrière et garder une certaine qualité de vie près de sa famille”. Elle, a fait son choix.

 © Crédits photo : Pierre MARCHAL

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