Thé en vrac : quand un petit commerce tient tête aux grandes marques

0
145

Buvez-vous du thé ? Cette boisson consommée chaude ou glacée a conquis les tasses réunionnaises. Entre la grande distribution et les grandes marques de thé, une enseigne a su faire son nid sur le marché local avec des thés pas comme les autres.

 

Quand vous ouvrez la porte de la petite boutique « etc. » de la rue Pasteur à Saint-Denis, les odeurs d’épices vous sautent au visage. C’est le voyage olfactif instantané. Derrière son comptoir, Thomas est prêt à dégainer sa petite pelle pour remplir ses sacs des mélanges de thés en vrac (ou de rooibos) que vous aurez choisi, sur ses conseils si vous ne savez pas ce que vous voulez. Il y aurait de quoi : « etc. » propose près d’une centaine de références aux noms parfois évocateurs, poétiques, voire bien locaux comme « Noël au Maïdo » ou « Granmèrkal ».
Citons « Capitaine carotte », mélange de carottes, gingembre, curcuma, curry et coriandre, à boire après un repas indien. Ou alors préfèrerez vous peut-être un séjour en Grèce avec « l’Olympe » : thé des montagnes grecques, ortie, citronnelle, tilleul, fleur de souci et coing ?

Mélanges exclusifs

« etc. » fait faire ses propres mélanges, avec des thés provenant principalement d’Inde, du Sri Lanka, de Chine et du Japon, avec un virage vers le bio depuis trois ans.
Certaines compositions sont des exclusivités que vous ne trouverez nulle par ailleurs, comme « Fraîcheur » (écorce de citron, menthe, menthe poivrée, gingembre et citronnelle), qui est également disponible en dosettes.
« Le plus difficile n’est pas de commander de gros volumes de thé, mais surtout de pouvoir les écouler rapidement tant que le produit reste frais. Ne ne vendons rien qui ait été mélangé à plus de six mois. Notre gestion du stock peut engendrer des ruptures sur certaines références, mais les clients préfèrent attendre qu’aller ailleurs» ajoute Thomas. Une clientèle surtout féminine constituée depuis 2004, sur les marchés et les salons, puis à l’ouverture des boutiques en 2010 à Saint-Pierre, et en 2014 à Saint-Denis. « Nous sommes très à l’écoute des envies et suggestions » souligne Thomas. « Les envies dépendent beaucoup des saisons. L’hiver, nous vendons davantage de saveurs gourmandes, cacao, épices, amandes, girofle, l’été est plus propice aux parfums d’agrumes et d’hibiscus (bissap bio) pour des thés glacés ». La tendance du moment : « Le cerisier blanc » (thé blanc, darjeeling, Lung Ching, perle de jade, chips de coco, bouton de rose et cerise).

La concurrence, même pas peur

Les débuts n’ont été guère facile, mais la société « O’Thé, etc.» a pu surfer sur la démocratisation du thé, opérée depuis une dizaine d’année à La Réunion. « Autrefois, le thé était considéré comme une boisson de « vieux » et aussi de bourgeois. Aujourd’hui la clientèle est quadragénaire, et compte aussi des jeunes adultes, ce qui n’était pas du tout le cas il y a dix ans.».
La concurrence des grandes marques ? Thomas ne la voit pas d’un mauvais œil : « Cela permet de découvrir et comparer les produits. Nous croyons au petit commerce, nous exerçons notre métier avec passion et ne cherchons pas à grandir plus que cela. Aujourd’hui nous avons des clients fidèles, qui sont habitués à nous voir, notamment sur le salon de la Maison, notre événement phare ». Avec un ticket d’entrée à 6€ les 100g, le prix à la tasse reste très raisonnable, surtout pour un produit sélectionné avec soin.

Et plus, si affini…thé !

Si « O’Thé » s’est imposé comme une référence sur le marché local auprès des particuliers, Thomas déplore encore la timidité de la clientèle professionnelle. « Certains hôtels nous font confiance depuis longtemps, mais beaucoup d’autres continuent à vendre des thés industriels, c’est assez dommage ». Mais la société « O’Thé » ne s’interdit pas de voir plus loin, et pourquoi pas planter un jour son propre thé dans les hauts de la Réunion, à l’instar du « Labyrinthe en-champ-thé », à Grand Coude, dont Thomas loue les qualités du thé blanc. La Réunion produit déjà un café mondialement reconnu, le Bourbon Pointu, pourquoi n’en serait-il pas de même pour le thé ? Une affaire à suivre.

Thé blanc, thé vert ou thé noir, ne sont que des appellations pour des préparation
différentes des feuille de théier, le Camellia Sinensis. Le thé blanc est juste 
séché, pour obtenir du thé vert on stoppe l'oxydation, le thé noir est fermenté. 
D'autres thés sont semi-fermentés, comme le Oolong.

Commentaires

Publicité