Un loto pour nos secrets d’histoire

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Riche de 285 ans d’histoire, Saint-Pierre se dresse fièrement comme la capitale du sud de La Réunion. En 2003 avec Saint-Louis, elle forme le “pays des portes du sud” et reçoit le premier label “pays d’art et d’histoire” accordé en outre-mer. En 2008 – 2009, la rupture est consommée entre les deux voisines sudistes. C’est donc en cavalier seule que Saint-Pierre convoite le célèbre label “ville d’art et d’histoire”. Objectif protéger et valoriser son patrimoine.

Les Saint-Pierrois sont fiers de leur patrimoine, au détour des rues, on retrouve l’âme et la mémoire des habitants qui ont laissés un héritage architectural magistral. Lorsque l’on demande à l’animateur de l’architecture et du patrimoine à Saint-Pierre, Pascal Laude de définir le patrimoine saint-pierrois, il établit directement un parallèle avec une autre ville réunionnaise labellisée :

                ” Le patrimoine de Saint-Pierre est très diversifié. On va dire que c’est un petit Saint-Denis avec sa rue de Paris qui est la rue Marius et Ary Leblond, avec ses maisons créoles. Des maisons créoles qui sont très diverses et qui ont un patrimoine particulier. […] Il y a aussi un patrimoine naturel, un patrimoine important au niveau des bâtiments industriels et un patrimoine religieux. “

Intéressons nous justement au patrimoine religieux de la ville de Saint-Pierre. L’un de ses édifices est depuis peu sous le feu des projecteurs. Il s’agit du temple tamoul des Casernes. Il figure avec le temple du Gol de Saint-Louis sur la liste des monuments du prochain loto du patrimoine prévu le 14 juillet 2019. Deux édifices chers au coeur de la communauté malbar du sud de l’île. Au total, ce sont dix-huit monuments à travers la France dont six en outremer qui ont été sélectionnés par la fondation de Stéphane Bern. Un choix commenté par Pascal Laude :

                “Ce sont des monuments qui nécessitent une grosse restauration. C’était déjà une demande des gens qui pratiquent dans ces lieux de cultes et de différentes associations tamoules. C’était aussi une demande de la fondation Stéphane Bern, d’avoir des bâtiments structurant socialement situé en centre-ville.”

Le loto du patrimoine permet ainsi d’enclencher un processus pour pouvoir sauver un bâtiment en ruine ou restaurer un monument important. En 2018, le premier tirage avait attiré 2,5 millions de joueurs et permit de récolter 21 millions d’euros.

Et à Saint-Pierre nombreux sont les édifices qui auraient aussi besoin d’un petit coup de jeune. Pascal Laude dresse son TOP 3 des monuments Saint-Pierrois en souffrance :

1 – L’Hotel de ville

Un bâtiment “emblématique de la ville de Saint-Pierre, classé au titre des monuments historiques, style fin de la compagnie des indes, début période royale (1730 – 1770). ”

Pour sa rénovation, l’une des difficultés est de s’adapter aux matériaux anciens utilisés pour sa construction. Il faut également tenir compte de la disparition de certains métiers comme les bardeautiers.

(début des travaux prévu d’ici l’année prochaine (toit + façades)

2 – Saint-Charles (propriété privée)

Cet édifice est “tombé en ruine, mais a été préservé grâce au loto du patrimoine l’an dernier.

(cette maison devrait faire l’objet d’une restauration dans les deux à trois ans à venir)

3 – La gare

L’un des monuments phares de Saint-Pierre. Longtemps, son avenir a été incertain aujourd’hui, il s’intègre à la modernité de l’urbanisation qui poursuit son oeuvre.

                “Beaucoup critiquent, car il y a maintenant un bâtiment moderne à côté. Pour moi, c’est un projet qui a permis de sauver le bâtiment. Il a été restauré, un espace scénographique et une salle d’exposition sont prévues avec notamment un wagon sur des rails. Le patrimoine pour moi est respecté, c’est un bon compromis.”

S’inscrivant dans une démarche commune à de nombreuses villes réunionnaises, Saint-Pierre affiche aujourd’hui la volonté de valoriser son patrimoine au sens large du terme. Depuis 2003, la ville organise des visites guidées, conférences et animations tout au long de l’année. Saint-Pierre veut valoriser le patrimoine “qui reste” mais aussi le patrimoine qui a disparu en se basant sur des archives, photos et vidéos, pour faire vivre dans les mémoires le visage du Saint-Pierre lontan.

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