Classico : loin des yeux, près du cœur pour les supporters locaux

0
683

Véritable temps fort de la saison, le classico de Ligue 1 entre le Paris Saint-Germain et l’Olympique de Marseille n’est jamais une rencontre comme les autres. L’opposition entre la capitale et la cité phocéenne est toujours l’occasion pour les supporters de se retrouver, de festoyer et de chambrer le camp adverse. Même avec 12 000 km de distance et 3 heures de décalage horaire, les supporters réunionnais ne dérogent pas à la règle.

Le football, une passion sans frontière

Les plus beaux maillots seront de sortie ce dimanche. De 7 à 77 ans, les Réunionnais répondent toujours présents pour défendre les couleurs de leur club préféré pour cette rencontre si spéciale malgré l’heure tardive (match diffusé à 00H00, heure locale). Et pour cause, entre marseillais et parisiens, c’est l’amour vache. Même dans l’Océan Indien.

Pour vivre au quotidien leur passion, plusieurs amateurs ont créé des pages Facebook locales mais également des associations à l’image du Fan Club PSG 974 fondé par Alain Joineau en 2003. « Passionné du PSG depuis mes 5 ans, j’ai lancé ce fan-club à la Réunion avec un groupe d’amis. Nous avons grandi petit à petit, et même lorsque le PSG était au fond du trou, pour devenir aujourd’hui le fan-club le plus ancien et le plus grand de l’île avec 200 adhérents » témoigne le saint-gillois.

Avec l’agrément du PSG, les membres de son association encouragent le club parisien à chacune de ses échéances, mais donnent également de leur temps pour mener des actions solidaires sur l’île et à Madagascar en faveur des personnes défavorisées. « On se déplace une fois par an pour aller voir le PSG. Notre agrément nous permet d’avoir des facilités pour obtenir les tickets, visiter le Parc des Princes et même rencontrer des joueurs sur place » ajoute Alain Joineau. Pour ce dernier qui compte les jours depuis que Marseille n’a plus battu Paris, le match de ce dimanche ne sera à manquer sous aucun prétexte : « C’est un des temps forts de la saison, nous allons nous réunir au sein de notre club house avec des ballons rouges et bleus, des drapeaux, des banderoles et nous allons manger tous ensemble et chanter les hymnes parisiens jusqu’au coup de sifflet final. »

Même son de cloche dans le camp adverse. Pour Bilal Ahmed, président du Fan Club OM 974 qui se réunira également pour suivre la rencontre : « On se retrouve toute l’année autour de diners dansants, de pique-niques, de sorties et des affinités se forment au-delà même de notre passion à la façon d’une grande famille. » Pour ce passionné, la distance n’est pas un problème lorsqu’il s’agit d’exprimer son amour pour son club. Ce dernier renouvelle même tous les ans son abonnement au stade comme un rituel alors même qu’il ne peut se rendre aux matchs. « C’est la première chose que j’achète lorsque débute la saison, ainsi que les maillots, même lors des mauvaises périodes du club. »

Le Réunionnais est très chambreur et n’aime pas se faire charrier

S’il y a bien un point où parisiens et marseillais sont d’accord, c’est à propos du supporter réunionnais. Les amoureux du ballon rond sont nombreux sur l’île, et de nombreux joueurs réunionnais ont foulé les pelouses de ces deux clubs. De Jean-Pierre Bade à Dimitri Payet chez l’OM, de Laurent Robert à Guillaume Hoarau chez les parisiens pour ne citer qu’eux, ce qui peut expliquer la ferveur péï.

« Les Réunionnais se prennent au jeu et chacun a son club de cœur. Nous on a bien rigolé après la défaite du PSG en Ligue des Champions (ndlr : défaite 3 à 1 face à Manchester United cette semaine) mais on ne va pas appuyer trop longuement sur cette débâcle. On veut juste montrer qu’il faut plus que des milliards pour décrocher le Saint Graal » explique Bilal Ahmed, un brin chambreur.

De son côté, Alain Joineau confirme : « À la Réunion ça chambre beaucoup mais on n’aime pas que ça chambre. Il n’empêche, on « moukate » mais ça reste très bon enfant, rien à voir avec ce qu’on peut voir en Métropole » avant de conclure « pour dimanche, ce sera un gros match pour Marseille mais un petit pour nous, voilà près de 2 665 jours qu’on n’a pas perdu contre eux. »

Les festivités sont lancées…

Commentaires

Publicité