Daniel Sangouma : « Je n’ai jamais fait le choix de mettre l’école ou les études de côté… »

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Il a été recordman du Monde du 100 mètres avec le relais 4X100 m de l’équipe de France en 1990 et médaillé de bronze aux JO de Séoul en 1988.  Daniel Sangouma est aujourd’hui directeur de l’Office municipal des sports à Saint-Denis après avoir été directeur commercial, ou de formation, responsable trade marketing ou encore directeur des sports de la ville de Saint-Paul. Tous les sportifs de haut niveau ne peuvent parler d’une reconversion aussi accomplie.

 

La reconversion des sportifs de haut niveau est un sujet complexe pour beaucoup d’entre eux. Comment s’est passé la vôtre ?

La reconversion a été au centre de mes préoccupations durant toute ma carrière. J’ai eu la chance de commencer ma carrière professionnelle au sein du groupe Adidas. Cependant, sur le plan personnel, la fin de carrière sportive est une “déchirure” difficile du jour au lendemain. Psychologiquement et physiologiquement l’interruption de cette vie dévouée au sport à haute intensité n’est pas facile, même si elle est voulue. Le phénomène de dépendance et d’accoutumance est très présent…

« J’ai toujours suivi des études en parallèle pour garder un certain équilibre. »

Comment aviez-vous préparé ou anticipé cette reconversion ?

J’ai toujours suivi des études en parallèle de ma carrière sportive pour garder un certain équilibre au quotidien. J’ai fait l’IFAG, une école de commerce à Paris. Je n’ai jamais fait le choix de mettre l’école ou les études de côté pour investir davantage dans le sport.
Quel est le premier métier que vous vouliez faire étant jeune ?
Avant d’être sportif, je voulais être cuisinier ou militaire. Après un Bac F1, j’ai complétement changé d’orientation afin de pouvoir aménager mon cursus scolaire par rapport à la pratique du sport de haut niveau.

Pendant votre carrière de sportif de haut niveau à quel moment avez commencé à songer aux nécessités de cette reconversion et d’une autre vie que celle de sportif de haut niveau ?

La vie du sportif de haut niveau est rythmée par le cycle des compétitions récurrentes et incontournables. Europe, Monde, JO, par conséquent après ce triptyque de 4 ans, vous faites naturellement un point sur vous et votre carrière sportive. En 1996, après ma non-qualification au JO d’Atlanta à 31 ans, il était temps pour moi de faire la bascule vers de nouvelles aventures et de me consacrer à la suite de la vie que j’avais choisi après le sport.

« La carrière au plus haut niveau, n’est qu’une étape dans sa vie »

Quels messages aimeriez-vous faire passer aux jeunes qui se préparent à une carrière de haut niveau ?

La carrière au plus haut niveau, n’est qu’une étape dans sa vie et il ne faut pas hypothéquer le reste au profit d’une “gloire éphémère et très aléatoire.”

Quels sont les sportifs qui vous ont inspiré et pourquoi ?

J’ai conduit ma carrière sportive avec des personnes de confiance qui m’ont guidé et avec qui j’ai grandi en tant qu’homme ! Mais ce ne sont pas des sportifs ! Je pense surtout à mes coachs Louis José Gaspardo et Fernand Urtebise qui sont des exemples pour moi, et aussi à mes parents.

Et dans la vie quotidienne ?

J’ai eu le plaisir de côtoyer beaucoup de gens hors normes. Un de ceux qui m’a le plus marqué, c’est sans aucun doute le professeur Cabrol.

« Le sport à La Réunion ? Beaucoup de talents et beaucoup de gâchis »

Quel regard portez-vous aujourd’hui sur le sport réunionnais ?

…Il y a beaucoup de talents et il y a beaucoup de gâchis ! La faute à qui ? La question reste entière. Il y a beaucoup d’aides qui sont octroyées pour le haut niveau mais pour quels résultats. Je trouve que nous n’avons pas de « retour sur investissement » et que beaucoup de nos talents se perdent en route.

Que décideriez-vous si vous étiez à la tête d’une instance décisionnaire dans le secteur sportif à La Réunion ?

Harmoniser les dispositifs afin d’être beaucoup plus efficace et mettre en place un contrôle des actions.

© Crédits photo : Pierre MARCHAL

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