Enfin légalisé, Le MMA Péi peut renaitre de ses cendres

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Mis à mal administrativement ces dernières années car non reconnu par l’État Français, le MMA, comprenez Mixed Martial Arts, voit l’avenir s’éclaircir alors que la ministre des Sports a ouvert la porte à sa légalisation. À la Réunion, terre de champions de sports de combat, la nouvelle est accueillie avec un fort engouement.

 

Après plusieurs années de tergiversations, tous les feux sont enfin au vert pour le MMA. En effet, la ministre Roxana Maracineanu a confirmé que la discipline sera reconnue comme pratique sportive officielle dès le 1er janvier 2020. Une nouvelle tant attendue par les pratiquants français qui souffraient jusque-là d’un manque reconnaissance et d’une mauvaise image en raison du caractère sulfureux de ce sport qui se pratique dans une cage et où presque tous les coups sont permis. Une situation quasi-exclusive à la France (et donc à la Réunion) puisque la discipline fait un carton partout ailleurs dans le monde notamment grâce au succès médiatique du championnat américain : l’UFC (Ultimate Fight Championship).

Structuration & Formation sont les mots d’ordre à la Réunion

En attendant de savoir sous quelle fédération sera reconnue le MMA, les acteurs locaux sont en ébullition depuis l’annonce de la Ministre. En partance pour la Métropole afin de faire le point sur les différentes échéances à venir, Cédric Certenais, président du comité régional de MMA, nous dépeint la situation de ce sport sur l’île :

« On ne compte pas moins de 16 moniteurs de MMA à la Réunion, c’est un cas unique dans les départements français. On a été le premier département à créer un Comité Régional en 2010. On est fier d’avoir impulsé une dynamique au niveau local en créant la première formation externalisée de Paris. Nous avons été contraints de travailler autour du Pancrace (ndlr : discipline se rapprochant du MMA) pour pouvoir organiser des compétitions sur l’île avec dans un premier temps les Contenders puis les IOFC (Indian Ocean Fighting Championship). Nous avions réussi à mettre en lumière des combattants locaux, à construire un calendrier sportif ainsi mesurer un vrai engouement localement autour de la discipline. »

Mis à l’arrêt depuis 2016, justement à cause de ce manque de structuration au niveau fédéral, le MMA Péi attendait son heure qui semble-t-il est enfin arrivée.

« Notre priorité va être désormais de professionnaliser les acteurs locaux de la discipline. Qu’ils puissent être disponibles pour se former et progresser dans les meilleures conditions à l’image de ce qui se fait dans les autres sports de combat. En manque de reconnaissances et peu médiatisées, ces personnes-là étaient jusqu’à maintenant dans des situations très précaires malgré leur talent. Nous allons pouvoir repartir de la base avec des formations dès 2020 et des compétitions sous l’égide de fédération choisie pour englober le MMA. »

Le MMA a tout d’une pratique sociale de référence

Au-delà de l’aspect professionnel de la discipline, ce professeur de sport est convaincu que la MMA a beaucoup a apporté à la Réunion et à sa jeunesse :

« Le manque de reconnaissance du gouvernement a compliqué notre engagement social sur le terrain malgré un engouement mondial autour du MMA ces dernières années. Pour de nombreux marmailles, c’est le MMA qui vient directement à l’esprit quand on parle de sports de combat grâce à la notoriété de l’UFC. Ce sont des personnes que nous n’avons pas pu recruter faute de moyens et de structures alors même que la jeunesse locale est en proie à toutes les addictions que l’on connaît. La réalité, c’est que nous avons pris 10 ans de retard malgré une très forte demande. »

Avec deux pionniers locaux qui ont su briller à l’international, Gaël Grimault et Christophe Dafreville, la Réunion dispose d’une bonne base de combattants à fort potentiel. À l’horizon 2020, Cédric Certenais ambitionne de réunir les acteurs de sports de combats locaux qui souhaitent faire progresser le MMA réunionnais afin de rattraper le temps perdu sur le volet amateur et professionnel.

© Crédits photo : JP Fauliau IOFC TV

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