Expédit Valin : « Le sport est un vrai remède à la vie que l’on connait aujourd’hui…»

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A l’âge où beaucoup parlent de retraite, d’arthrose et de cholestérol, Expédit Valin, 60 ans ,   participera lui à deux prochains grands rendez-vous mondiaux de  Jiu Jitsu brésilien : direction Barcelone et Paris au mois de mai.

A 60 ans, Expédit Valin doit être l’un des sportifs seniors encore en activité le plus titré de La Réunion. Sa spécialité : le Jiu Jitsu brésilien qu’il pratique depuis plus de 20 ans. Sa longévité, il l’explique d’abord par son amour du sport. Il en a fait une passion, une ligne de vie parallèle au souci quotidien qu’il a toujours apporté à sa santé ! « Mon alimentation a ainsi toujours été tournée vers le bio alors l’on n’en parlait pas encore. Le soir, après une dure journée donnez moi le choix entre un steak de boeuf de 250 grammes ou des patates, du manioc et des bananes, mon choix est vite fait. Je privilégie tout ce qui est naturel, et quoi de plus naturel que le sport dans une vie.»

« J’ai toujours privilégié mon hygiène de vie »

Cette longévité, le Portois ne l’attribue pas spécialement à une spécificité des arts martiaux ! « Le sport de manière générale, pratiqué avec un bel état d’esprit, génère de la passion, de l’enthousiasme et de la longévité. Aujourd’hui, il y a des problèmes de surpoids, de stresse, de diabète de cholestérol, de mauvaise alimentation de manière générale. Le sport est un vrai remède à la vie que l’on connait désormais dans notre société…»

En dehors des rings ou des gymnases, Expédit Valin est quelqu’un de très discret. « J’ai toujours évité les grandes fêtes, les grandes sorties. J’ai toujours privilégié mon hygiène de vie… » Cependant, dans la cité portoise tout le monde connait Expédit Valin à travers son engagement auprès des jeunes. « C’est un investissement très personnel. Quand j’étais jeune, j’étais un peu bagarreur, disons très énergique … Mais à l’époque on ne parlait pas de délinquance. On ne savait pas ce que c’était que la délinquance. Nous étions juste un peu plus chahuteurs que les autres.

« Avant, nous ne restions jamais enfermés chez nous »

« Aujourd’hui, il y a beaucoup plus de souffrances que les gens ne l’imaginent dans les immeubles. Tous les gens ne le montrent pas. Les jeunes ont besoin que l’on s’occupe d’eux, ils sont plus livrés à eux même que nous l’étions.  C’est ce que j’essaye de faire en étant à côté d’eux dans leurs difficultés mais ce n’est qu’un juste retour des choses par rapport à ce que le sport m’a apporté dans ma vie… »
Son principal conseil pour ces jeunes en difficultés : faire du sport, « n’importe lequel mais en faire. »  Pour Expédit Valin, Le sport, c’est « être passionné. Et quand on est passionné, on s’occupe de soi, des autres. Le sport, c’est vivre ensemble, avoir des amis. On s’occupe l’esprit dans le bon sens des choses. Avant, on était toujours dehors, toujours en mouvement parfois dans l’excès mais nous ne restions jamais enfermés chez nous. Vous savez une heure de sport ou d’activités par jour suffit déjà…

Pas étonnant de savoir que c’est un boxeur qui a inspiré la vie d’Expédit Valin : Mohamed Ali. « C’était non seulement un très grand sportif mais aussi un très grand monsieur, quelqu’un qui s’est battu contre l’injustice, pour la reconnaissance de la communauté noire dans son pays. Il s’est battu contre le racisme. C’était un Monsieur… »

A La Réunion il a une pensée particulière pour Daniel Waro qui, selon lui,  représente aussi à travers le maloya un combat pour la liberté. «C’est tellement curieux voir que c’est un Yab, un blanc qui, parmi tant d’autres comme Gramoun Lélé, s’est battu pour nos racines. D’ailleurs, pourquoi est-ce que lorsqu’on parle de créole on parle plus de créoles noirs que des créoles blancs. Notre métissage est tellement riche…» Dans le monde sportif comme dans la vie quotidienne.

Du Brésil à Las Vegas en passant par Lisbonne et Barcelone

Retracer la carrière sportive d’Expédit Valin, c’est un palmarès étonnant de médailles mondiales et européennes. Et il ne manque pas de vous rappeler au téléphone pour vous parler de celles qu’il a oublié entre toutes compétitions qu’il a disputé avec les meilleurs de la spécialité. De L’or à Barcelone, Paris ou au Brésil, de l’argent aux Mondiaux à Las Vegas ouà Lisbonne :  un vrai globe trotter des podiums et porte drapeau du sport réunionnais à travers les continents.

Jeune, Expédit Valin a rapidement quitté le monde du football, pour lui préférer celui des rings et des tatamis : boxe, kick boxing ou le Mun thaï ont été des étapes avant d’adopter sa discipline fétiche. Aujourd’hui, l’alerte sexagénaire fait briller les couleurs de l’association réunionnaise de Jiu Jitsu brésilien et enseigne son art au sein de son club portois.

© Crédits photo : Pierre MARCHAL

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