Florence Avaby : «Diriger un club, une fédération ou une ligue n’est pas qu’une affaire d’hommes… »

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Après le basket-ball à ses débuts, Florence Avaby a été prise dans les filets du volley-ball ! Un exemple, à l’heure où l’on parle de féminisation de l’encadrement dans le monde du sport. De dirigeante, la Portoise est devenue présidente de Ligue réunionnaise avant d’être élue vice présidente de la Fédération française et en charge des outre mers.

 

Votre regard sur l’égalité homme femmes dans le sport ?

La loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle des femmes et des hommes impose un quota dans la composition des comités directeurs des fédérations et ligues sportives. Cette loi toute récente a pour mérite de conscientiser autrui sur cette valeur cardinale qu’est l’égalité. Dans le monde sportif, cette égalité est difficilement perceptible dans le haut niveau où les hommes sont objets à beaucoup de traitement de faveur. Les médias, vecteur essentiel de communication, se font également peu le relais des exploits sportifs féminins ; rares également sont les diffusions télévisées sur chaînes publiques de matchs féminins…

Si vous aviez un pouvoir de décision, que changeriez vous dans ce domaine ? 

Que les chaînes publiques médiatisent le sport féminin pour corriger les inégalités mais aussi permettre l’accès au sport d’une plus grande majorité de femmes, en particulier de celles qui en sont les plus éloignées.

« Femmes, votre engagement est nécessaire »

Que diriez-vous aux femmes qui hésitent encore à prendre des responsabilités dans les clubs et ligues ?

Tout d’abord, il faut noter que les femmes sont confrontées en permanence à des procès d’incompétence, alors que la question ne se pose pas pour les hommes. Diriger, présider un club, une ligue ou encore une fédération sportive n’est pas qu’une affaire d’homme. Chacun peut apporter sa contribution, sa pierre à l’édifice.

Quels conseils donneriez-vous à celles qui veulent le faire ?

Subir ou agir, à vous de choisir. Il faut travailler, persévérer, ne rien lâcher…Ne pas perdre sa personnalité en dépit de tous les obstacles qui se dressent et que l’on dresse sur votre route.

Quelles sont les qualités plus spécifiques aux femmes dans ce monde réputé encore très machiste  !

Je dirai la persévérance et le consensus, l’extrême patience, la grande rigueur dans le travail, l’empathie et la résilience….

Et des (petits) défauts qui pourraient leur porter préjudice ?

Eh bien trop d’empathie et de consensus, et peut être l’impulsivité…

La solidarité féminine existe elle dans le monde du sport ?

Quand la situation le nécessite, oui…
La pire remarque sexiste que j’ai eue : « “Jolie, et en plus intelligente ! ”

Quelle est la première remarque sexiste à laquelle vous avez été confrontée ?

Il y a eu “Femme et jolie, rien ne te résiste…”  ou encore “Fais lui un beau sourire, il t’écoutera…”

La pire ?

… “Jolie et en plus intelligente ! ”

Comment avez-vous réagi ?

Avec le sourire ! Mieux vaut être jolie et intelligente qu’être con et persuadé du contraire…

Quelles sont les sportives locales qui vous inspirent ou vous ont inspiré ?

Chez Marcelle Dupuy, Odile Singa ou encore Leila Lejeune, je trouve des forces de caractère, de la persévérance et j’admire leur amour pour notre île.

Et sur la scène nationale ou internationale ?

Ce que j’aime chez Marie-Josée Perec (*), Yannick Souvret (**) ou Steffie Graff (***), c’est leur personnalité et leur engagement.

* La seule sprinteuse française à avoir remporté trois titres olympiques.
**Ancienne basketteuse internationale, elle est aujourd’hui à la tête de la Ligue nationale de volley-ball.
*** Considérée comme l’une des meilleures joueuses de tennis de l’histoire, l’Allemande a remporté 107 tournois du circuit mondial dont 22 Grand Chelem.

© Crédits photo : Pierre MARCHAL

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