Interview : Théo Irigaray, une raquette péï à l’assaut du Top 10 mondial de beach tennis

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Formé sur les plages de l’île, Théo Irigaray veut désormais se donner les moyens de vivre pleinement de sa passion : le beach tennis. Peu médiatisé, ce sport est pourtant pratiqué à l’international. Une scène sur laquelle les réunionnais ont leur carte à jouer comme l’illustre le parcours du Saint-Leusien.

 

Diplômé d’un Master des Métiers de l’Enseignement, de l’Éducation et de la Formation (MEEF), Théo Irigaray s’est lancé dans une aventure ambitieuse en rejoignant Bordeaux afin de faire de sa passion, un métier.

« Après avoir manqué mon CAPEPS aux oraux une première puis une deuxième fois, j’ai travaillé pendant un an en tant que professeur de sport contractuel au sein de l’académie de Bordeaux. En 2018, j’ai décidé de tout arrêter afin de me consacrer uniquement à mon sport : le beach tennis. Désormais, mes activités sont rythmées par ma passion, je fais des séances d’entrainements physiques entre 1h et 2h par jour puis 2h d’entrainement de beach tennis du lundi au vendredi chaque semaine. J’alterne ces séquences d’entrainement aux voyages sur les lieux de compétition. »

Peux-tu nous parler du beach tennis ? Comment as-tu découvert ce sport ?

« Le beach tennis est un sport très ludique qui se joue généralement en double sur un terrain de 8m de largeur et 16m de longueur avec au milieu un filet. On le pratique avec des balles intermédiaires de tennis donc mi-molles. C’est un sport très accessible où l’on peut s’amuser très rapidement. J’ai débuté cette discipline à l’âge de 18 ans avec des amis sur la plage des Brisants à Saint-Gilles alors que je commençais à me lasser du tennis traditionnel et que la crise requins m’empêchait de surfer. »

Qu’est-ce qui t’as séduit dans cette discipline ?

« Pour commencer : le cadre ! On joue sur le sable où on enchaine des plongeons et des sauts, c’est très spectaculaire et explosif. L’ambiance également puisque c’est beaucoup plus détendu qu’au tennis classique avec de la musique qui est jouée sur les terrains tout au long des tournois. La discipline elle-même, par son comptage de points, offre beaucoup de fun. Ainsi, le point décisif peut se jouer sur un seul service et un match peut changer très rapidement ce qui permet de vivre différentes émotions très rapidement. »

Quelle est la situation du beach tennis à la Réunion ?

« Le beach tennis se porte très bien à la Réunion. Il fait beau toute l’année sur l’île et plusieurs plages se prêtent à la pratique de la discipline dans des conditions idéales. Les Réunionnais ont un très bon niveau et de nombreux clubs de tennis construisent des terrains de beach. Il y a même des académies qui se pérennisent sur les plages ce qui permet à beaucoup de jeunes de découvrir ce sport. Chaque année, des nouveaux arrivants gonflent les rangs locaux du beach tennis, la Réunion représente ainsi un important vivier de joueurs pour la France et même dans le monde. »

Quels sont tes objectifs désormais ?

« Mes objectifs à court terme sont de remporter un tournoi majeur et d’entrer dans le Top 10 Mondial avant la fin de l’année. J’aimerais également remporter des médailles aux championnats du Monde et d’Europe, ainsi qu’aux Jeux Méditerranéens et aux Beach Games (ndlr : Jeux Olympiques des sports de sables.) »

Qu’est-ce qui te manque le plus à la Réunion ?

« Certes de nombreuses choses me manquent de la Réunion, notamment mon entourage et le lifestyle réunionnais mais je me sens bien ici pour l’instant car je profite de bonnes conditions pour m’entrainer et je peux voyager moins chère pour me rendre sur les lieux de compétition. Compétitions durant lesquelles, je représente à la fois la France mais aussi la Réunion lorsqu’on me demande d’où je viens. La Réunion, mon ti péi ! »

Quelles sont les personnes qui t’inspirent dans ton parcours ?

« Je n’ai pas forcément d’inspiration au quotidien mais si devais donner deux noms ce serait dans un premier temps Laurent Gounelle, un écrivain spécialiste du développement personnel qui m’aide à penser différemment. Je pense également à Rafael Nadal qui est un bosseur acharné. Je le respecte pour son travail et le fait qu’il cherche toujours à dépasser ses limites tout en étant un professionnel conscient. J’ajouterais mes parents qui m’ont toujours soutenu. »

Que peut-on te souhaiter pour la suite ?

« Que je puisse continuer à vivre mon rêve le plus longtemps possible tout en étant épanoui. »

Champion de France et Champion d’Europe en 2018, Théo Irigaray est également Champion du Monde en mixte. Finaliste du tournoi de Kazan en Russie, plus importante compétition du circuit avec 5 K$ de prize-money, le saint-leusien est actuellement 14ème mondial et numéro 1 français dans sa discipline.

© Crédits photo : JLD Pics et FFT

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