Jean-Pierre Huang : « Les valeurs plus importantes que les résultats »

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Jean-Pierre Huang fait partie des piliers du Judo à La Réunion. Le Dojo Huang, club de l’amitié, est un club sur lequel les injonctions de la fédération nationale n’ont pas eu de prises. Ses priorités : que le respect, l’entraide, le partage, l’amitié et la solidarité montent sur les podiums !

 

Comment est né votre club ?

J’aime bien raconter que ce club a vu le jour par un groupe d’éducateur de passionnés qui ont tous voulu que le judo soit pratiqué différemment que le judo soit une véritable école de vie comme l’a souhaité son fondateur Maître Jigoro Kano, que l’éducation soit la priorité.
Les éducateurs qui ont été à la base du club ont été les premiers à défendre le judo réunionnais, ils sont les à entrer dans les structures de hauts niveaux à faire des résultats et après une décennie, ils sont rentrés dans leur petite région pour donner ce que le judo leur a donné une confiance en soi. Le respect de ses pairs et transmettre aux nouvelles générations. C’était une équipe d’amis avant tout et c’est pourquoi notre club se nomme judo club de l’amitié. Patrick Mazaka, a fait un podium mondial en karaté, Erick Chavriacouty, Thierrry Grimaud ou Pierre Gauvin sont tous les trois champions de France. Ils ont voulu que les jeunes puissent être à leurs plus hauts niveaux dans tous les domaines : sportif comme scolaire et citoyen.

« L’éducation oriente la vie d’une personne… »

Comment se traduit votre démarche ?

L’éducation est un des facteurs prédominants qui va orienter la vie d’une personne : l’éducation donnée dans un premier temps par les parents, puis l’éducation reçue par les différents acteurs scolaire, social ou sportif, gravitant autour du jeune, une éducation empreinte de valeurs et de principes qui donnera à la personne qui les reçoit un cadre de vie ou encore des repères. Chaque individu est unique et a sa propre histoire, nous ne souhaitons pas interférer dans son cheminement de vie mais offrir à celui ou celle qui souhaite adhérer à ce projet d’accompagnement un vrai challenge. Se prendre en charge, prendre les bonnes décisions et faire des choix judicieux afin que sa vie future soit celle dont il ou elle rêve, des actes simples en apparence mais si compliqués lorsque le jeune n’est pas accompagné par les bonnes personnes.

« Nous avons un cours spécial pour jeunes autistes. »

Quelles sont les principales actions que vous avez initié en termes d’éducation ?

Notre souhait c’est de mettre le judo à la portée de tous, dans tous les quartiers, Nous sommes présents au Chaudron, Primat – La Chaumière, Bas de la rivière et Moufia. Nous voyons des jeunes de ces quartiers venir au club et nous en sommes fiers. Dans notre projet éducatif qui est la pierre angulaire du club notre devise est formons les jeunes à devenir citoyens et responsable. Depuis plus de 10 ans, les bénévoles du comité directeur le martèle aux parents, aux pouvoirs publics aux institutions.
Le public dit « autrement kapable » intégré nos cours dit normaux. Fam Dobout regroupe une trentaine de femmes qui viennent apprendre à rester debout face à toute agression physique et morale. Avec Action Senior, trois de nos éducateurs font découvrir à ce public de jeunes retraités le plaisir de faire du sport à leurs niveaux sous des exercices de Taiso et Tai Chi.
Nous avons un cours spécial pour de jeunes autistes et sommes heureux de voir leurs progressions et de savoir qu’ils intégreront dans quelques mois ou années un cours dit normaux.

«Tout cela est un état d’esprit. »

Pourquoi êtes vous membres de la Fédération sportive et gymnique du travail plutôt que de la fédération française de judo ?

Nous étions affiliés à la FFJDA et à la FSGT quand nous avons reçu l’année dernière un courrier de la FFJDA nous expliquant que si nous n’adhérons pas tous nos judokas à la fédération nous serions radiés.
Notre choix a été très vite fait. Nous avons donc licencié tous les judokas à la FSGT et nous sommes satisfaits de ce choix tant en thème financier -les licences sont moins chers pour les familles – mais aussi sur l’état d’esprit ou le bénévolat et les valeurs humaines prennent toutes leurs dimensions. Tout cela est un état d’esprit. En tant que responsables techniques du club, nous martelons aux éducateurs et aux parents « chacun à son plus haut niveau » et que les valeurs sont plus importantes que n’importe quel résultat

Quelle est la place de cette fédération à La Réunion ?

Par solidarité, deux autres clubs de judo se sont affiliés à la FSGT et à ce jour nous avons au sein de la commission judo FSGT Réunion, environ 700 licenciés. A La Réunion, la FSGT regroupe aujourd’hui 1045 pratiquants repartis dans 15 clubs (plongée – baby nageur – multi sport – judo….) Dans le projet de développement, nous souhaitons que dans toutes les associations FSGT puissent inclure le sport, la santé et le bien être.

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