La pelote basque à La Réunion : une curiosité mondiale !

0
775

A peine 200 licenciés et des champions du Monde ! La Pelote basque à La Réunion est un cas d’école. Dommage que la discipline ne soit pas olympique car Mickael Mangaman, le marmaille du Chaudron, serait un très sérieux prétendant à une médaille d’or.

La pelote basque consiste à envoyer de volée ou après un rebond, une balle, la pelote, contre un mur principal, nommé frontis, afin qu’elle retombe sur l’aire de jeu nommée cancha. Ce sport encore méconnu malgré l’exceptionnel palmarès de ses pratiquants, a été introduit à La Réunion à la fin des années 60. Comme souvent, il est le fait d’un immigré basque, le père Etienne Dattas de la paroisse des Camélias à Saint-Joseph-Ouvrier. En 1975, un premier fronton « place libre » est construit à Saint-Denis. En 1985, le premier mur à gauche couvert est inauguré, suivi de deux autres à découvert à Saint-Leu et Cilaos. Le début d’une belle histoire jalonnée de succès.

Les titres et médailles de Mickael Mangaman ? «Oulala, beaucoup, beaucoup… » explique le marmaille du Chaudron ! Beaucoup de « plus hautes marches » sur les podiums, mais pas seulement dans la kour l’école mais bien à l’échelle mondiale. D’ailleurs si sa discipline était discipline olympique, La Réunion viendrait à coup sûr donner un sacré coup de pouce à la France dans le classement des médailles d’or, d’argent ou de bronze ! Mais la pelote basque attend encore son heure et ce ne sera sans doute pas encore à Paris en 2024.

Au Chaudron, entre le football, le hand, la boxe, Mickael Mangaman avait le choix. Mais il n’est pas tout seul à avoir choisi la Pelote basque. « J’ai grandi avec tous mes copains qui sont aujourd’hui au club… » Habiter dans la même rue que le gymnase, à 50 mètres du mur, cela facilite les choses. D’ailleurs, à 6 ans avait-il vraiment le choix ? Son cousin Willy, ses frères et sœurs, toute la famille a grandi avec la pala (raquette) à la main ! Mickael, a cependant eu son propre choix à faire : entre la pelote basque et la boxe thaï. Il a finalement fait pencher son cœur vers ?la discipline qui lui permettrait de briller le plus. A 32 ans, il ne le regrette pas.

« …Oulala, j’ai vraiment eu beaucoup de titres et de médailles…»

Passé le « … Oulala, j’ai vraiment eu beaucoup de titres et de médailles… », il y en a cependant quelques uns auxquels Mickael Mangaman tient plus que tous les autres. Surtout sa victoire au Master international qui, en 2016, a réuni les plus grands champions dans sa cour à lui, rue La gare au Chaudron. « C’était mon rêve. Devant mon public, avec une super ambiance face aux meilleurs mondiaux… » Etre vainqueur de la Coupe du Monde en 2017 ou du championnat de France en 2018, ce n’était pas mal non plus.

La Pelote basque n’est pas un sport professionnel, pas de circuit ATP et autres comme au tennis ou au golf. Il faut savoir se débrouiller seul et les mécènes ne courent pas les rues. Un seul pour le dionysien : grâce aux salles Fitness One, Mickael Mangaman peut muscler son corps et son palmarès.

Il doit se rendre trois à quatre fois par an en métropole. Son emploi au service des sports de la ville de Saint-Denis lui permet de jongler entre ses obligations professionnelles et son statut privilégié de sportif de haut niveau Elite. « Je suis le seul à vivre et à pratiquer à La Réunion qui a ce statut » explique-t-il «…Tous les autres sont en métropole.»

Le seul Pôle France présent dans l’île

La Réunion ne compte que cinq clubs répertoriés (à Saint-Denis, Saint-Leu 
et Cilaos) mais ils ne sont pas tous très actifs. La vingtaine de jeunes 
réunionnais présents dans le Pôle France –le seul présent dans l’île- 
en ont encore plus de mérite. Ils sont tous issus du Pelotari Club - 
Chaudron et se serrent les coudes. L’éloignement, le manque de compétitions 
sont des handicaps parfois pesants. Cela n’empêche pas de voir le très niveau 
de la Pelote basque à La Réunion être l’objet de toutes les curiosités 
sur la planète, jusqu’en Argentine.
Avec près de 200 licenciés dans l’île, ce sport de raquette et de traditions
 souffre cependant du manque de structures dédiées dotées du fameux fronton.
 Mais, pour Mickael Mangaman, la discipline se porte quand même bien. 
Si vous voulez voir à quoi ressemble la pelote basque, vous pouvez même 
vous rendre à… Cilaos ! Vous avez dit curiosité ? A Biarritz, dans les 
Landes ou le Béarn, on n’en revient toujours pas !
© Crédits photo : Pierre MARCHAL

Le Chaudron, marmite à champions

Une réaction ? Un kozé ?
Publicité