La Réunion, Mecque du canyoning

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À La Réunion, le canyoning a trouvé un terrain de jeu à sa mesure. Du plus ludique au plus technique, ses parcours sont réputés dans le monde entier. Certains vont même jusqu’à dire que la Mecque du canyoning tropical est ici.

À La Réunion, le temps et les éléments ont façonné un terrain d’aventure propice à la pratique des sports de plein air et d’eau vive. Du sommet des montagnes jusqu’à l’océan, l’eau a forgé de nombreux passages dans la roche basaltique, formant des rivières au débit généreux et des canyons encaissés. La pratique du canyoning s’y est naturellement imposée.

La discipline a vu le jour il y a une vingtaine d’années, sous l’impulsion de quelques pionniers qui ont équipé les premières parois et découvert la plupart des parcours. Dans leur foulée, les professionnels des sports de pleine nature ont rejoint l’Eldorado réunionnais.

Aujourd’hui, de nombreuses structures labellisées entretiennent collectivement ce patrimoine, et de nouveaux parcours sont régulièrement équipés. Il en existe une centaine à ce jour, chacun présentant un visage particulier.

 

À-pics vertigineux et reliefs tourmentés

Dans l’Est et le Sud de l’île, la végétation luxuriante et le caractère aquatique dominent. Dans les cirques, l’eau s’écoule en cascade à travers des décors minéraux. Dans l’Ouest, la dominante est plutôt aux canyons secs avec quelques résurgences çà et là. Mais l’île compte aussi des canyons énormes tels le Trou de fer, la rivière des Roches, Takamaka, la ravine Blanche ou la cascade Grand Galet.

Cette variété de sites est due essentiellement à l’existence de microclimats et à une histoire géologique récente qui a formé des paysages aux reliefs tourmentés. L’ensemble constitue l’âme de l’île et son attraction principale : forêts, cascades et à-pics vertigineux justifient le surnom d’île « intense » donné à La Réunion !

Pour l’ex-guide indépendant Daniel Ducrot, « il faut distinguer les canyons de montagne des canyons de rivière : les premiers, à dominante de verticalité, exigent des techniques empruntées à l’escalade. Ils sont faits de longs rappels impliquant une confrontation au vide. Les seconds, plus ludiques, sont faits essentiellement de toboggans naturels et de sauts dans l’eau ».

Daniel sait de quoi il parle. Établi à Cilaos, il a longtemps guidé les amateurs de sensations fortes sur le site de Fleurs jaunes, le plus saisissant des canyons réunionnais.

Réputé dans le monde entier, ce canyon dévale huit cataractes sur une longueur de 300 mètres, pour 800 mètres de dénivelé. Résultat : un panorama somptueux sur le cirque et des rappels impressionnants, dont un de 55 mètres en fil d’araignée avec lâcher de corde à dix mètres du plan d’eau. Émotion garantie !

Côté saisons, le canyoning n’observe pas de trêve à priori. Si le meilleur moment reste l’été austral, on peut « canyoner » toute l’année. En fait, seuls les mois de janvier et de février sont déconseillés en raison des fortes pluies.

Rappel, toboggan ou tyrolienne

« Par rapport aux parcours métropolitains, les canyons réunionnais sont un cran au-dessus, explique cet autre guide, qui exerce en société. Ici, un parcours pour les débutants correspond à des descentes d’un niveau déjà respectable en métropole. De plus, la météo des tropiques fait varier à grande vitesse les débits des rivières ; et les cyclones transforment régulièrement les parcours ».

« Inventée » par des spéléologues, l’activité constituait au départ un simple entraînement de nuit à la spéléologie. « Puis on s’est dit qu’on pouvait en faire une activité « grand public » qui se pratiquerait de jour », explique Émeric, lui-même spéléo de formation. Toutefois, il reconnaît que le canyoning moderne puise sa technique dans de nombreuses activités : spéléo, escalade, montagne, eau vive…

« En fait, le canyoning offre tous les avantages de ces disciplines sans les inconvénients : c’est une activité très ludique avec beaucoup de toboggans ; on descend tout le temps, on ne remonte pas les cascades comme en spéléo ».

Sportif accompli, Émeric a lui-même ouvert la voie supérieure de Bras rouge, à Cilaos. Un exploit qui n’a pas été réédité depuis et qui a nécessité trois jours d’expédition, avec un rappel de 300 mètres.

La « sortie » que nous faisons avec lui est fort heureusement plus tranquille. Trou blanc, tout près de Hell Bourg, dans le cirque de Salazie, fait partie de ces canyons ludiques qui nécessitent peu de technique. C’est un long déroulé de cascades, de vasques et de goulets, ponctué de sauts, de tyroliennes et de glissades sur des toboggans. En somme, le canyon à ne pas rater.

Pour les débutants, c’est une belle approche tout en douceur. Pour les confirmés, une façon ludique de remettre le pied à l’étrier. Libre à eux, ensuite, de s’attaquer à de plus gros morceaux. De toute façon, à La Réunion, il y en a pour tous les goûts et pour tous les niveaux.

© Crédits photo : Pierre MARCHAL

 

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