Les États-Unis, Eldoraro du football féminin ?

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Du FC La Kour à Vincendo, dans le sud sauvage, au fin fond de l’Ohio, Eva Lauret est une pionnière. « Aux États-Unis , explique-t-elle, il y a des structures qui permettent aux filles de pouvoir pratiquer leur sport et en même temps d’étudier, ce qui n’est pas le cas en France… »

 

Quel a été ton chemin jusqu’aux États-Unis ?

« J’ai commencé le foot au FC La Kour à l’âge de six ans en mixité, puis j’ai rejoint un club féminin à l’âge de 13 ans à St Jo Foot Féminin. En même temps, j’étais en section sportive au collège Joseph Hubert. Ensuite j’ai rejoint le Creps de la Plaine-des-Cafres avec une autre fille, Marie-Laure Chamand. J’ai également joué avec la Saint-Pierroise un an. Ensuite, il a fallu partir pour la Métropole où j’ai fait mes 3 ans de lycée au Pôle Féminin de Tours. Les deux premières, j’ai joué à Juvisy en D1 et ensuite je suis partie à la VGA St-Maur (D2). L’année où je passe mon bac, j’ai eu une offre pour les States et j’ai accepté. J’y suis depuis deux ans. »

Quand as-tu réalisé que les États-Unis, c’était possible ? Quel a été le premier contact pour aller aux États-Unis ? Et comment t’es venue l’idée ?

« Pendant mon cursus au Pôle de Tours, lors des interpoles à Clairefontaine, l’agence FFFUSA était venu proposer aux jeunes filles de poursuivre les études en même temps que le foot après le pôle. J’étais vraiment intéressée mais du coup le temps a fait les choses puisque des coachs de l’université où je suis actuellement (UNOH) sont venus faire leur recrutement en Europe. C’est l’agence A&V Athletic qui m’a aidé dans les démarches pour pourvoir partir. »

« Les féminines ne gagnent pas leur vie grâce au foot »

Parlais tu anglais avant d’y aller ? Comment t’en sors-tu ?

« Je parlais vraiment pas du tout quand je suis partie. Au début c’était compliqué aux entrainements même en groupe pour comprendre les autres et s’exprimer, heureusement qu’il y avait une autre française pour m’aider. Mais maintenant c’est un soulagement, il n’y’a plus de barrières de la langue.

 

Pourquoi ce club ? Avais-tu d’autres contacts ? Et En France ?

Je suis partie dans cette université parce que c’était la seule qui m’avait contacté et j’étais intéressée par les objectifs sportifs. En France, je pense que ça aurait était compliqué pour moi vue que j’aurais un moment ou l’autre du faire un choix entre les études ou le foot. Forcément le choix aurait été les études parce que comme on le sait les féminines ne gagnent pas leurs vie grâce au foot. Il faut avoir un bagage professionnel en fin de carrière.

Quel est ton statut aux États-Unis ?

« J’ai une bourse qui prend en charge mes études et mon hébergement. »

Comment envisages-tu le futur ?

« Il me reste trois ans à faire ici. Je prépare un diplôme en Sport Marketing et Management, du coup à la fin de ces années j’espère que j’aurais ce diplôme. Ensuite j’aimerai toujours pouvoir jouer et peut-être en même temps essayer de passer mes diplômes pour être coach. »

Penses-tu que d’avoir joué aux États-Unis sera un atout si un jour tu veux revenir en France ?

« C’est toujours bénéfique de voir ailleurs, de vivre une autre expérience non seulement sur l’aspect sportifs mais aussi humainement. Je suis dans une université où il y a beaucoup de nationalité du coup on apprend de nouvelles cultures et apprendre à connaitre les autres. Aux US, les filles sont très athlétiques et physiques du coup, on travaille sur l’aspect physique. »

Imagines tu rester vivre aux États-Unis ?

« Pour l’instant c’est que ma deuxième année du coup on verra avec le temps comment je m’y adapte mais j’y pense. »

Qu’est ce qui te plait là-bas ?

« Ici, j’ai le temps de me concentrer sur le foot mais aussi sur mes études car les professeurs sont plus souples de septembre jusqu’à décembre puisqu’ils savent qu’on a des échéances sportives.

Qu’est ce qui te plait moins ?

« Ce que j’aime le moins ici, c’est le fait qu’après que la saison soit finie c’est-à-dire après décembre il n’y a quasiment plus de match, du coup on s’entraîne juste et on se concentre plus sur le côté scolaire. Après, il y a l’hiver aussi qui est difficile, c’est vraiment très très froid. »

Quelle différence entre le football féminin aux USA et en Europe ?

« Aux USA, les féminines ont des structures qui leur permettent de pouvoir pratiquer leur sport et en même temps étudier ce qui n’est pas le cas en France. En France, après avoir obtenu le baccalauréat et fini un Pôle espoir tout dépend des propositions du club, en effet les études supérieures et le foot deviennent compliqués à gérer et un choix doit être fait. Quelque chose que j’ai remarqué ici et qui a retenu mon attention, c’est le fait que les petites filles commencent tôt à connaitre le « soccer », il y a comme des regroupements que l’on fait dans mon université ou l’on doit entrainer des petites et les catégories vont de 4 ans jusqu’à l’âge de 9ans. »

Quels conseils donnerais-tu aux filles qui aimeraient suivre ta voie ?

« Le conseil que je donnerais serait de jamais rien lâcher et de travailler à 300% parce qu’il y aura toujours des opportunités qui seront à votre portée. Le travail paye toujours. »

© Crédits photo : NDLR

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