Louis-André Goulay s’exile

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Le Possessionnais Louis-André vient de se faire voler son combat aux championnats du monde de karaté kyokushin au Kazakhstan. Il a quitté hier sa ville pour s’installer en Afrique du Sud. Tout seul, à 15 ans. Et y conquérir la sérénité qu’il n’a jamais trouvé ici.

Louis-André Goulay, quatre fois champion d’Europe de karaté kyokushin, malgré ses tout juste 15 étés australs, est l’un des sportifs les plus titrés du département. Champion de France de tir pistolet 10 mètres par-dessus le marché, c’est aussi un marmaille qui excelle en golf, rugby et boxe anglaise. En gros, c’est un gamin comme on en rencontre rarement dans les cours de récré.

Louis-André Goulay, LAG pour les intimes, ou « le tigre » pour les un peu moins proches, va partir en Afrique du Sud y suivre une scolarité où le sport occupe une place essentielle. Il veut devenir gendarme d’élite au GIGN. Il en a autant les moyens que le courage. Il y parviendra.

Mais là, LAG a carrément les boules. Accompagné par un coach acquis à d’autres préoccupations, quasiment seul donc, le môme vient de se prendre une volée dès le premier tour des championnats du monde au Kazakhstan. Comme par hasard contre un Kazakh. Éliminé devant l’indifférence générale d’un public hautement nationaliste.

Louis-André s’est fait voler. La vidéo qu’on te met en bas de papier t’expliquera tout. Même si tu n’y connais rien, tu comprendras que le petit Possessionnais, Citoyen d’honneur de sa ville mais ça on s’en fout royal, s’est fait voler de bout en bout. Son adversaire n’en pouvait plus. LAG l’a poussé dans ses derniers retranchements. Il reculait, paradait, tombait. Il était complètement grillé.

C’est le sport. Personne n’est à l’abri d’une défaite prématurée. Surtout en terre hostile. Je n’ai rien contre le Kazakhstan. Mais c’est un pays complexe où les règles du jeu ne sont pas forcément appliquées de la même façon qu’en occident.

Donc Louis-André a grave les boules. La déception est à la hauteur de son investissement.

Mais il ne doit rien regretter. Cette injustice flagrante, car c’en est une, va centupler sa hargne. Son expérience aussi. « Combattre en terrain hostile, devant des gens qui ont délibérément décidé de te tuer, rend fort. Encore plus fort. » Et la vengeance sera à la hauteur de la trahison. Inexorable.

Je te mets une citation d’un mec avec qui je n’ai pas d’affinités particulières mais qui sonne juste. Il s’agit d’une relation de la famille Goulay, Jean-Marie Le Bourvellec, ancien patron dans le BTP il me semble dans les années 90-2000 à La Réunion.

Lis : « À quand un championnat du Monde organisé à La Réunion ? Il y a bien la diagonale des fous, il y aura la directe du Kyokushin RUN, avec des combattants qui battront Kazakh arrière, exténués par un long voyage (en décembre ou janvier c’est bien ; différence de température -40° +35°) et après s’être fait botter, loyalement, le derrière (c.l) par un Tigre Pays ! Allez les gars, invitez-les à un match retour dans les conditions inverses ! Bravo, Louis-André, continue à te forger ! Tu es un grand champion ! À bientôt de partager de bons moments d’amitié ».

Au-delà de ce scandale, autre chose à savoir. Louis-André Goulay n’a jamais été coaché durant le combat. À 15 ans, il s’est débrouillé comme un grand. Il est revenu tout seul du Kazakhstan via Francfurt et Paris.

Il est parti seul hier en Afrique du Sud. 15 ans ! Sans papa ni maman qui vont pleurer à Gillot et découvrir le syndrome du lit vide. Pourquoi ? Aucune institution ne l’aide. Juste un sponsor. Tandis que d’autres profitent dans les grandes largeurs de ce que l’on appelle les subventions, c’est-à-dire l’argent public.

Le tigre a trouvé ses ailes. Ce n’est pas une licorne. Mais la magie s’en approche.

Pour voir le combat volé :

© Crédits photo : Pierre MARCHAL

Karaté : Louis-André Goulay aux championnats du monde

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