Pole Dance : les clichés ont la vie dure

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De la culture chinoise aux strip-tease dans les discothèques, le Pole dance s’exerce maintenant dans les salles de danse avec ses professionnelles d’un art qui s’impose petit à petit. Marie Lauret Stepler défend avec brio sa discipline sportive.

 

Comment êtes-vous venu à la pole dance?

J’ai découvert la pole dance sur Youtube entre 2010 et 2011. Cela n’existait pas à la Réunion, mais commençait à devenir populaire en France. J’ai tout de suite été séduite par cette discipline et rêvait de pouvoir un jour en faire. Puis par chance en 2012, Sandrine Rivière est revenue s’installer à la Réunion avec le souhait d’ouvrir son école. Cela faisait quelques années déjà qu’elle enseignait à Paris, mais elle a décidé de faire un retour aux sources. À cette époque, il n’existait pas encore d’école de pole à la Réunion. J’ai commencé avec elle dès l’ouverture de son école en novembre !

D’où vient cette pratique ?

À l’origine, la pole dance a ses origines dans le mât chinois, discipline à la base réservée aux hommes. Elle a inspiré les cirques dans les pays occidentaux qui du coup entre 2 numéros, proposaient ces numéros d’acrobatie à la barre. C’était alors des femmes qui divertissaient la foule. Puis, on ne sait pas trop comment, la pole dance a surtout été développée dans le milieu du strip-tease. Pendant très très longtemps, elle se pratiquait seulement dans les clubs de strip-tease, jusqu’à ce qu’une strip-teaseuse nord-américaine décide de le sortir de son contexte et commence à enseigner la pole dance comme activité sportive. Là on arrive dans les années 90. À partir de là, l’activité n’a cessé de se développer et rencontre un vif succès auprès de la gente féminine mais aussi masculine.

« Trop cirque ou trop sexy : le débat me fait beaucoup rire… »

Sport ou discipline artistique ?

Les deux j’ai envie de dire! À partir du moment où on a la possibilité d’évoluer avec de la musique, d’enchaîner des combinaisons de figures et de créer un univers, cela devient de l’art.

 

Que répondez-vous à ceux qui pourraient lui reprocher un côté cirque ou trop sexy ?

L’éternel débat ! Qui me fait beaucoup rire d’ailleurs…. Plus sérieusement, j’ai envie de dire il en faut pour tous les goûts ! Et c’est tant mieux ! Oui, cela a été longtemps un sport associé au sexy. Mais pas que! On choisit ce que l’on veut. Et justement, je trouve cela très bien que cette discipline puisse proposer beaucoup d’univers différents! Si on a envie de rester sur le côté fitness et bien c’est possible ! Pas tous les cours se font en talons et strings. Nous sommes obligées d’être en brassière et shorty car la peau va adhérer à la barre, et nous empêcher de tomber. Pour celles qui veulent faire du sexy et bien c’est également possible, puisque certaines écoles proposent des cours avec des talons et des chorées sexy. Et je trouve ça très bien !

Trois écoles officielles à travers l’île

Combien êtes vous à pratiquer la discipline à La Réunion ?

Je ne saurais pas dire exactement ! Je sais qu’il y a au moins 3 écoles officielles sur l’île.

Pourquoi n’y a-t-il que très peu d’hommes qui pratiquent le Pole dance dans l’île ?

La discipline est relativement nouvelle et les clichés ont la vie dure ! Mais petit à petit ça vient. Ils sont beaucoup plus nombreux en France ! Pourtant c’est une discipline qui leur est relativement plus facile à eux qu’à nous les femmes. Surtout lorsqu’il s’agit des figures en force, car un homme a déjà la musculature pour. Il lui sera plus rapide de progresser en force. Moins en souplesse.

Que souhaiteriez vous changer pour assurer la promotion de la discipline ?

Rien de plus que ce qu’on fait déjà. Je pense que chaque école fait très bien la promotion de la pole dance, surtout maintenant que des championnats sont organisés depuis 2 ans maintenant. Ça permet de faire découvrir aux gens cette discipline sous un autre jour et c’est une bonne chose !

Sur le seconde marche du podium en Afrique du Sud

Le parcours de Marie Lauret Stepler est « assez varié ». Elle comptabilise 13 ans de danse, 5 ans de gymnastique. Depuis 2009 , elle a intégré la troupe de Cabaret Moonlight, troupe itinérante mais basée à Boucan.

La jeune dionysienne est coach à Pole Dance Réunion depuis 2015. Elle a démarré la compétition en 2017. Son palmarès : 2ème à Pole Théâtre Afrique du Sud, dans la catégorie Pole Drama en semi-pro, championne Régionale Outre-Mer en 2018, 4ème au championnat de France 2018, 1ère dans la catégorie Élite au Pole Art Cape Town en juillet 2018 et 2ème au championnat Régional Outre-Mer cette année.

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