Réinsertion et milieu carcéral : le football comme élément fédérateur

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La famille Tossem, c’est une partie de l’histoire du football à Saint-Paul. Mais c’est aussi aujourd’hui un engagement, et une association à elle seule qui trouve peu d’équivalent dans l’île. Toute une fratrie solidaire avec ceux qui connaissent la prison et pour aider la réinsertion des uns ou des autres.

 

Comment l’idée d’organiser des matchs de football en prison vous est-elle venue ? 

Notre association, et c’est notre force, est composée essentiellement de nos frères qui pour la quasi-totalité ont pu s’insérer grâce au sport. Nous sommes une fratrie de 10 et nous avons eu la chance d’être bien accompagné par des éducateurs. C’est normal que nous rendions la monnaie de la pièce.

Quand cette belle aventure humaine a- t-elle démarré ?

Notre intervention dans les prisons, en multipliant les visites et les tournois de football, date depuis plus de 25 ans. Nous utilisons le football comme élément fédérateur.

Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées ?

Nous ne rencontrons pas de difficultés majeures à organiser nos événements. La confiance est telle entre notre association, l’association de la Rue Saint-Louis à Saint-Paul, et l’administration pénitentiaire, que depuis 5 ans, la démarche a pris une autre tournure. C’est désormais en terrain ouvert à l’extérieur que se rencontrent monde du dedans et monde du dehors. Des détenus, des institutions qui gravitent autour du judiciaire comme les gendarmes, la Police nationale, la Police municipale, les Pompiers et des jeunes des différents quartiers participent à nos rendez-vous. Cette année, nos amis Sri Lankais ont été présents sur la manifestation.

Votre objectif ?

Faire changer le regard envers le monde carcéral, sensibiliser les jeunes sur la dangerosité de l’incarcération et de plus ces évènements sont surtout des outils permettant la rencontre de différents publics. À travers ces rencontres, nous souhaitons que les participants et autres n’aient plus aucuns préjugés concernant le monde carcéral. Ces rencontres permettent également aux détenus de mieux se réinsérer lorsqu’ils sortent. Au-delà des rencontres sportives qui sont organisées, des échanges ont lieu entre les différents participants sous forme d’ateliers, des associations œuvrant dans le domaine social interviennent aussi lors de ces journées. Ce fut le cas par exemple pour le Cevif récemment, collectif contre les violences intrafamiliales ou encore le réseau Oté sur les problématiques de la prise des différentes drogues. Des familles des détenus et des ex-détenus témoignent également. Nous accordons une grande importance à ces rencontres qui démontrent notre souhait de participer activement à notre vivre ensemble… On sait que même dans les prisons, les détenus se retrouvent par quartier, par ville et c’est souvent ce qui pose problème. Le sport apporte la mixité.

Avez-vous pu avoir des résultats concrets de réinsertion sociale et professionnelle ?

J’ai de nombreux exemples d’anciens détenus qui ont réussi à retrouver une vie normale à leur sortie du centre, grâce au sport. Certains ont même passé des diplômes dans ce cadre, et notamment comme éducateurs sportifs, d’autres sont devenus arbitres par exemple. Le sport est une activité qui permet de positiver.

Et les principales satisfactions ?

Lors de ces rencontres, aucun accrochage, aucun incident. Retrouver d’anciens détenus qui viennent nous voir, ou ceux qui nous remercient pour ces moments de liberté, ce sont de vrais moments de satisfactions.

Comment pourriez-vous aller encore plus loin ?

Bien que nous soyons basés sur Saint-Paul, nous souhaiterions pouvoir souhaite sensibiliser les jeunes des d’autres quartiers « sensibles » à travers l’île.

© Crédits photo : Guy Leblond

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