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Johanne Defay continue son ascension sur le circuit et rivalise avec les meilleures. Elle enchaîne les compétitions à Bali, en Australie, en Afrique du Sud et en Europe. Avec pour seul objectif, devenir la meilleure surfeuse française de l’histoire et rafler le titre tant convoité de championne du monde.

Le mythe de la surfeuse

Êtes-vous d’accord avec cette citation et pourquoi : « Plus que les autres sportives de haut niveau, les surfeuses professionnelles incarnent une vie rêvée, ponctuée de voyages sur des plages superbes, d’eau chaude, de journées en maillot de bain, de rencontres et de découvertes » ?
Oui et non… On peut beaucoup argumenter à ce sujet. Nous sommes en compétition, donc on fait des allers-retours entre le site de compétition et notre hôtel, rien d’autre. On voyage avec plus de 80 kg à porter entre des terminaux d’aéroport. On perd après 30 minutes de série et on est à l’autre bout du monde alors qu’on aimerait être dans les bras de son chéri. Nous sommes stéréotypées et jugées sur notre physique avant autre chose. On surfe lorsqu’il fait 5°C la nuit avant que la compétition commence.

Bref, j’ai d’autres exemples qui montrent que nous n’avons pas seulement la belle vie. Mais je suis pleinement consciente d’avoir beaucoup de chance et je suis la première à aimer ce lifestyle, y compris les quelques inconvénients.

Le vrai bonheur, c’est d’être dans l’eau ?
Oui. C’est exactement ça. J’ai besoin d’être dans l’eau tous les jours. Ça me fait me sentir vivante, sans parler de performance.

Une vie de compétition

C’est quoi le quotidien d’une surfeuse pro ?
Je pense qu’il n’y a pas vraiment un quotidien type de surfeuse pro. Le mien ressemble à ça : mes saisons sont rythmées avec des périodes de compétition lorsque je suis loin de chez moi et mes proches (9 mois par an), et les périodes hors compétition où je suis chez moi, à la Réunion (3 mois par an). Les périodes hors compétition sont consacrées à un entraînement physique intense, un travail technique et un travail de retour vidéo (de 2 à 4 entraînements par jour tout compris). Les périodes de compétition se déroulent sur deux semaines mais nous ne surfons réellement que quelques jours, en fonction des conditions. C’est pour cela qu’il faut avoir une routine bien rodée afin d’optimiser l’attente entre les jours de compétition.

Comment l’arrivée de votre sponsor en 2016 a-t-elle changé votre vie, sportive et quotidienne ?
L’arrivée de Superdry m’a fait énormément de bien ! Moralement et financièrement, c’est aussi simple que ça. Le monde de la compétition n’est pas forcément évident et avoir maintenant plusieurs partenaires qui me suivent dans ce projet est fantastique !

Rester la meilleure

On parle chez vous d’une volonté de gagner de tous les instants ?
Je ne prends jamais rien pour acquis dans ma vie sportive ou dans ma vie personnelle. Je pense surtout que je veux faire du mieux que je peux pour ne pas avoir de regrets.

Vous êtes la meilleure surfeuse française de tous les temps. Comment vivez-vous ce standing, mentalement notamment ?
Je n’y pense pas vraiment. Ça ne change pas grand-chose… Je suis sur le World Tour, et je veux batailler avec les meilleures, c’est tout.

Quel est le but ultime ?
Être championne du monde.

2020, Tokyo, c’est un objectif?
Oui, mais nous attendons encore les modalités de sélection.

Pour conclure, un mot à destination de celles et ceux qui veulent devenir pro ?
Voir quel est son entourage, déterminant dans une carrière de haut niveau.

© Pierre MARCHAL

 

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