[TRIBU] Huit étudiants du Master Infocom à Madagascar. Caméra au poing !

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Amboniriana, village sans électricité, à cinq heures d’Antananarivo, et inaccessible en voiture. Dès potron-minet, les habitants attendent de pied ferme ce groupe de jeunes wazhas étudiants en Master Infocom à l’université de La Réunion. Ils ont organisé un spectacle de savika, sorte de mini corrida qui consiste à saisir un zébu par les cornes et à le maintenir quelques secondes immobilisé. Alexandre, l’un des journalistes en herbe, propose de tenter l’expérience et s’essaie, plutôt avec succès, à l’exercice périlleux. En mode « Danse avec les zébus ». Hilarité chez les marmailles du village, admiratifs de la performance. Satisfaction partagée chez les plus âgés, qui sourient avec affabilité lorsqu’ils aperçoivent leur visage, buriné par le soleil, sur l’écran viseur des appareils photos numériques. Du vécu coco !

Heureux donc qui comme des étudiants en journalisme de la filière Infocom du campus du Moufia ont fait un grand reportage. Investigation sur l’insécurité causée par les dahalo, ces voleurs de zébus qui terrorisent les populations, découverte des habitants de la province de Tsiroanomandidy et de leur réalité socio-économique, portraits d’artisans de la ville, nouvelle enquête, plutôt fructueuse, sur les derniers Réunionnais installés à la Sakay.

Autres séquences journalistiques, parmi d’autres, à Bemahatazana, petite ville que l’on atteint après trois heures de piste depuis Tsiroanomandidy : la rencontre avec un couple membre d’une association d’auto-défense, la « Société de sécurité traditionnelle et contemporaine ». Les zaza mainty,  grâce à des pratiques occultes, assurent pouvoir dévier les balles de fusil des dahalo. Armé d’un simple sabre artisanal, l’époux guerrier explique d’ailleurs comment il a testé cet étrange don sur sa propre épouse, laquelle acquiesce sans sourciller…

Basés dans une petite structure hôtelière, le Relais du Bongolova, et disposant de deux minibus, les apprentis reporters affichent une bonne récolte : rédaction d’articles inédits, tournage de vidéos, en partenariat avec deux consœurs journalistes, Lovasoa Rabary et Miangaly Ralitera, de L’express de Madagascar qui ont également servi d’interprètes. Ils se souviendront sans doute longtemps de la qualité des rencontres toujours marquées, dans la Grande Île, par la densité de la relation humaine. L’initiative a été rendue possible avec le soutien financier de l’université, complétée par une opération de crowdfunding organisée par les étudiants.

Encadrés par deux enseignants, dont Laurent Decloitre, journaliste et formateur associé à l’université, les huit Rouletabille auront donc aiguisé leur regard de futurs professionnels de l’information. La moisson fut plutôt bonne pour sept jours de travail : trois doubles pages de reportages, avec des portraits et deux enquêtes d’investigation publiées dans l’Express de Madagascar. Plusieurs heures de tournage qu’il faut maintenant « dérusher » et proposer à des médias réunionnais. Des contacts ont d’ores et déjà été pris. Un métier !

© Crédits photo : Virginie Coent, Adjaya Hoarau, Raphaël Rousselet

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