Xiaomi n’est plus ce petit poucet d’autrefois qui cassait les prix pour se faire une place. Aujourd’hui, la marque s’est installée confortablement sur la troisième marche du podium mondial des vendeurs de smartphones, tenant tête aux titans que sont Apple et Samsung, et ce malgré un marché qui s’essouffle. Fini le cantonnement à l’entrée de gamme, le géant chinois tisse sa toile partout avec son triumvirat : Xiaomi, Redmi et Poco. D’un côté, la marque assume un positionnement ultra-premium avec son Xiaomi 13 qui lorgne sans complexe sur l’iPhone 14 et le Galaxy S23. De l’autre, elle continue d’alimenter les fantasmes des technophiles avec des monstres de puissance brutes qui se profilent en Asie, à l’image de l’imminent Redmi K90 Ultra. Un grand écart stratégique assez fascinant à observer.
Le Xiaomi 13 fait patte de velours
Plus de trois mois après son lancement sur ses terres natales, le Xiaomi 13 s’est enfin décidé à poser ses valises chez nous. Mais le ticket d’entrée pique un peu : 999,90 euros. C’est une belle inflation de 100 euros par rapport à la génération précédente. Tensions sur le marché, coût de l’énergie ou simple volonté de s’embourgeoiser définitivement ? Probablement un cocktail des trois. À ce tarif, on déserte le milieu de gamme pour s’attaquer au segment premium, sans filet.
Sous le capot, l’engin en a clairement dans le ventre. Le Snapdragon 8 Gen 2 fait des merveilles en promettant un gain de puissance net (37% sur le CPU, 42% côté GPU) tout en calmant drastiquement sa gourmandise énergétique. Dans les faits, l’autonomie est excellente. Ajoutez à cela une certification IP68 pour la flotte, un lecteur d’empreintes sous l’écran qui fait aussi capteur cardiaque, et on a une fiche technique qui tient vachement bien la route.
Mais pour un billet de mille, on est en droit d’être tatillon. Se taper une flopée d’applications préinstallées à la sortie de la boîte fait un peu désordre. La charge rapide filaire, bien qu’efficace, reste bridée à 67 watts, et le module photo adoubé par Leica offre un rendu correct mais moyen pour cette gamme de prix. Côté look, Xiaomi a fait table rase. Adieu le dos métallique satiné de la série 12, bonjour le verre Gorilla Victus et les tranches rectilignes en aluminium brillant. Ça a de la gueule, ça rappelle furieusement l’iPhone 4 de la grande époque, mais préparez le chiffon microfibre pour les traces de doigts. La France n’a d’ailleurs droit qu’à une seule configuration en 8 Go de RAM et 256 Go de stockage, déclinée en noir, blanc ou vert. Le fameux coloris bleu des montagnes lointaines restera une exclusivité asiatique.
La division Redmi lâche les chevaux
Pendant que la gamme principale peaufine son image de premier de la classe, la division Redmi prépare une offensive d’une toute autre nature de l’autre côté du globe. Prévu pour débarquer en Chine fin juin 2026, le Redmi K90 Ultra s’annonce comme une véritable anomalie tarifaire et technique. Le constructeur égrène les specs au compte-gouttes, et l’orientation gaming de la bête est évidente.
Ici, pas de compromis bourgeois, on vise la performance pure pour contenir le prix. Le terminal embarquera le Snapdragon 8 Elite, un processeur un poil moins récent que les flagships actuels mais épaulé par une puce D2 dédiée pour encaisser les sessions de jeu sans broncher. La dalle AMOLED devrait grimper à un taux de rafraîchissement de 165 Hz avec une luminosité aveuglante de 3500 nits.
C’est sur le terrain de l’endurance que le K90 Ultra devient franchement délirant. Les ingénieurs ont réussi à y caler une batterie titanesque de 8550 mAh, héritée du K90 Max. Accompagnée d’une charge rapide à 100W, d’une charge inversée de 22,5W et surtout d’une fonction de charge « bypass » permettant de jouer sur secteur sans faire chauffer les accus, l’appareil est taillé pour ruiner votre vie sociale sur des jeux gourmands. Complété par un système audio signé Bose, une puce réseau Surge T1 pour éviter les lags et un échantillonnage tactile de 3500 Hz, le smartphone crache ses tripes sur le papier. Il reste maintenant à savoir si ce condensé de testostérone technologique franchira un jour nos frontières, potentiellement sous la bannière Poco.