L’offensive électrique de Renault : entre la folie d’une R5 Turbo à prix d’or et le renouveau du Scenic

Le constructeur au losange prépare un horizon 2027 particulièrement chargé, jouant sur deux tableaux radicalement différents pour affirmer ses ambitions électriques. D’un côté, la marque dévoile une hypercar compacte qui défie ouvertement les références du luxe sportif ; de l’autre, elle peaufine discrètement la refonte très attendue de son crossover familial phare sur les routes françaises.

La R5 Turbo 3E, une supercar au tarif vertigineux

Renault ressuscite un mythe, mais avec une dose évidente de démesure. Révélée en mars dernier, la Turbo 3E s’affranchit du statut de simple clin d’œil néo-rétro pour devenir une véritable bête de course 100 % électrique. Les chiffres annoncés donnent d’emblée le ton. Proposée à 155 000 euros hors options, cette bombe surpasse allègrement le prix d’une Porsche 911 Carrera facturée 140 000 euros, tout en se voulant une alternative aux productions de Maranello. Acquérir l’un des 1 980 exemplaires prévus à l’échelle mondiale relève d’ailleurs du parcours du combattant. Les 500 premiers acheteurs, qui peuvent valider leur commande dès aujourd’hui à 9h, doivent s’acquitter d’un acompte faramineux de 50 000 euros. Une somme colossale destinée à financer l’achèvement technique du bolide. Les 1 480 autres modèles de la série risquent même de voir leur tarif grimper d’ici la livraison prévue en 2027.

Des performances foudroyantes et un programme sur mesure

La fiche technique justifie indéniablement l’audace de ce positionnement tarifaire. Propulsée par deux moteurs logés sur l’essieu arrière, délivrant une puissance cumulée de 540 chevaux pour 4 800 Nm de couple instantané, la voiture expédie le 0 à 100 km/h en moins de 3,5 secondes. Avec son gabarit trapu — seulement 4,08 m de long pour 2,03 m de large — et sa carrosserie en carbone limitant le poids sous la barre des 1 450 kg, l’ADN de Renault Sport transpire par tous les pores. Sous cette carapace ultralégère se cache une architecture 800 volts capable d’encaisser des charges de 350 kW, permettant de passer de 15 à 80 % de batterie en à peine 15 minutes, tandis que l’accumulateur de 70 kWh promet plus de 400 kilomètres d’autonomie.

Comme si l’expérience au volant ne suffisait pas, la marque proposera une personnalisation poussée à l’extrême dès 2026. Choix du numéro de châssis, matériaux nobles pour l’habitacle ou encore clins d’œil historiques comme les motifs du Tour de Corse 1982 : chaque véhicule pourra se muer en une œuvre unique. Avant sa mise sur les routes, le public aura l’occasion de l’admirer cet été au prestigieux Festival of Speed de Goodwood ainsi que dans certains centres parisiens exclusifs.

Pendant ce temps, le Scenic E-Tech prépare sa mue

Si la Turbo 3E cible expressément une poignée de passionnés fortunés, l’entreprise n’oublie pas sa clientèle traditionnelle et s’active sur le développement de son Scenic E-Tech. Ce modèle, qui a définitivement troqué sa silhouette historique de monospace pour s’affirmer comme un crossover compact purement électrique, a récemment été surpris sur les routes françaises. Reposant sur la plateforme AmpR Medium qu’il partage notamment avec la Megane E-Tech, l’Alpine A390, le Nissan Ariya ou encore le Leaf, ce véhicule s’apprête lui aussi à aborder l’échéance 2027 avec un visage rafraîchi.

Un design affiné et un habitacle modernisé

Les récents clichés volés du prototype sous un épais camouflage laissent deviner des évolutions esthétiques notables sur la face avant. On distingue clairement des optiques amincies surplombant des feux de jour repensés, ainsi qu’une calandre pleine fermée au design inédit. Fidèle aux codes du restylage de mi-carrière, le bouclier inférieur intègre une prise d’air centrale retravaillée. De profil, la carrosserie semble rester intacte, à l’exception de nouvelles jantes en alliage qui feront inévitablement leur apparition au catalogue.

Bien que la partie arrière soit encore soigneusement dissimulée par des adhésifs trompe-l’œil, tout porte à croire que le pare-chocs et la signature lumineuse bénéficieront d’un coup de crayon similaire. Le hayon, en revanche, conservera son allure actuelle, frappé de son grand losange. À bord, de fortes présomptions suggèrent une évolution de l’interface numérique. Le tableau de bord et l’écran d’infodivertissement pourraient fusionner derrière une unique dalle en verre, modernisant considérablement un habitacle qui devrait par ailleurs profiter de nouvelles selleries et finitions.